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Eglise protestante de Genève
© Diego Grandi

Itinéraire sur les traces de la Réforme à Genève

Nous vous proposons un itinéraire sur les traces
qui subsistent de la Réforme à Genève, avec des
haltes au temple de Saint-Gervais, au Collège
Calvin et à la cathédrale Saint-Pierre.

Les archives

Les Archives d’État de Genève sont l’une des trois institutions importantes liées au protestantisme, avec le Musée d’art et d’histoire et le Musée international de la Réforme. Le fait que Calvin a passé sa vie à écrire – aux rois de France, à la reine de Navarre, à Renée de Ferrare, aux humanistes, à ses adversaires, etc. – est l’une des raisons du rayonnement de Genève. De plus, certains de ses sermons et des prédications sur des sujets qui lui tenaient le plus à cœur, par exemple sur les épîtres de Saint-Paul aux Romains, ont été publiés. C’était la grande époque de l’imprimerie : on imprimait à tour de bras, avec une diffusion a minima dans toute l’Europe francophone.

Les Archives d’État comptent donc de nombreux écrits de Calvin. Par ailleurs, l’EPG y a déposé son fonds, dont la colonne vertébrale est l’ensemble des procès-verbaux du Consistoire (1542 à 1906) et de la Compagnie des pasteurs (1546 à 1924). Tous ces documents livrent un témoignage unique sur l’empreinte du protestantisme des premiers temps.

Info : Les PV, tous numérisés, sont consultables gratuitement sur ge.ch/archives puis « base de données Adhémar » puis choisir la catégorie « Eglise ».

L’Académie

L’Académie de Genève est un haut lieu de l’emprise protestante. En 1558, Calvin réalise son rêve : la création d’un enseignement permanent du catéchisme pour les filles et les garçons ; puis d’un enseignement pour les étudiants et les adultes avec comme disciplines principales les langues bibliques, le droit, la théologie, basée sur son catéchisme, et la médecine. Contrairement à de nombreuses grandes villes, Genève n’avait alors pas d’université.

Calvin étant un féru de rhétorique et d’exégèse, soit l’interprétation des textes, notamment de la Bible et des Évangiles, les conditions dans lesquelles ils ont été écrits, à quelles fins, pour quel public, etc., ces deux spécialités étaient pratiquées assidûment à l’Académie. La première grande institution publique genevoise créée après la Réforme formera, pendant des siècles, les pasteurs de l’Europe entière. Elle deviendra, à la fin du XIXe siècle, l’université de Genève. Le bâtiment (aujourd’hui le Collège Calvin) conserve de très beaux restes de l’édifice d’origine : une charpente extraordinaire, des façades, un escalier à double rampe et un portique, notamment.

Info : rue Théodore-de-Bèze 2-4.

Le temple de Saint-Gervais

Dès l’interdiction de la messe, en 1536, les trois paroisses qui se dessinent sont Saint-Pierre, Sainte Marie-Madeleine (renommée temple de la Madeleine) et Saint-Gervais, qui devient la paroisse de la Rive-Droite. Les stalles en noyer datant du XVe siècle que l’on peut admirer dans le temple de Saint-Gervais y auraient été transportées à la Réforme de l’église des Cordeliers de Rive.

Les briques partiellement utilisées pour la reconstruction complète de l’église de Saint-Gervais, dans les années 1430, proviennent probablement de la tuilerie dont on voit les caissons de fouilles sous l’eau à la place du même nom sur les volets du retable de Konrad Witz représentant La Pêche miraculeuse. Cette œuvre majeure – située dans le chœur de la cathédrale, elle a été partiellement détruite par les troubles iconoclastes en marge de l’introduction de la Réforme ; les deux volets rescapés ont rejoint les collections du Musée d’art et d’histoire – est considérée comme le premier paysage réaliste de l’histoire de la peinture européenne. On y voit également le bras droit du Rhône, où la pêche était toujours très bonne.

Info : rue des Terreaux-du-Temple 12.

La cathédrale Saint-Pierre

La cathédrale Saint-Pierre, de dimensions plutôt modestes, est devenue le symbole du rayonnement de la Rome protestante. En juin 1535, la messe étant abolie à Genève, la cathédrale est affectée au culte protestant et renommée temple de Saint-Pierre. À l’intérieur, la majorité des images sacrées et les riches décors du Moyen Âge n’ont pas résisté à la vague iconoclaste de la Réforme, laissant les murs de molasse nus, blanchis à la chaux. L’extrême dépouillement du lieu correspond à l’esprit calviniste tourné vers l’écoute de la parole et non vers l’image. Seuls les 300 chapiteaux de style roman et gothique (plus vaste ensemble de Suisse), les vitraux et l’un des volets du retable de Konrad Witz ont subsisté. Sur le flanc sud, la chapelle des Macchabées a été transformée à la Réforme en dépôt de sel, puis en auditoire de l’Académie réformée.

Le site archéologique de la cathédrale Saint-Pierre est l’un des plus vastes d’Europe et jouit d’une renommée internationale. 

La terrasse Agrippa-d’Aubigné

À l’arrière de la cathédrale se trouve la terrasse Agrippa-d’Aubigné articulée sur 2 niveaux. À la Réforme, la résidence des prince-évêques de Genève qui l’occupait a été affectée à l’enfermement (jusqu’en 1940 !).  Le lieu rend hommage à l’écrivain français et homme de guerre protestant Théodore Agrippa d’Aubigné, qui a passé les dix dernières années de sa vie à Genève. Il occupera jusqu’à sa mort sa place réservée au premier rang dans la cathédrale Saint-Pierre, avant d’être inhumé, en 1630, dans le cloître.

Le Musée international de la Réforme

Le Musée international de la Réforme expose les traces vivantes de l’Histoire de Genève et de la Réforme. Il s’appuie sur de nombreux documents d’archives et une riche iconographie pour livrer une chronique détaillée de l’aventure de la Réforme, de ses origines à nos jours.

La place du Bourg-de-four

À la place du Bourg-de-Four, une grande partie des surélévations des bâtiments qui bordent la place est la conséquence de l’afflux de réfugiés protestants venus de toute l’Europe. La ville étant à l’étroit entre ses murailles, l’idée naît d’ajouter des étages aux immeubles.

La Maison Tavel

Exemple remarquable d’architecture médiévale civile en Suisse, la Maison Tavel est également la plus ancienne demeure privée genevoise. Elle est un musée historique depuis 1986 et offre sur six niveaux la possibilité de découvrir l’évolution urbaine de la cité ainsi que différents aspects de la vie passée de ses habitants. Au niveau architectural, des modifications majeures sont intervenues au XVIIe siècle, sous la houlette des nouveaux propriétaires, les Calandrini, de riches réfugiés protestants italiens. Un hôtel particulier est construit côté Grand-Rue. Pour intégrer la maison des Tavel, qu’ils souhaitent conserver, à leur nouveau palais, un escalier est construit dans la cour entre les deux bâtiments. 

L’Ancien Arsenal

L’Ancien Arsenal abrite désormais le siège des Archives d’État. Les mosaïques recouvrant le mur intérieur du couvert datent de 1949 et sont l’œuvre d’Alexandre Cingria. Elles figurent l’arrivée de Jules César à Genève en 58 av. J.-C., les Foires de Genève au Moyen Âge et l’arrivée des réfugiés protestants après la Réforme.

Le Musée Tatiana Zoubov

Un monument commémoratif à Jean Calvin a été installé au XIXe siècle dans le jardin suspendu de l’hôtel Sellon qui abrite désormais le musée Tatiana Zoubov.

La Tour du Molard

Reconstruite sous sa forme actuelle en 1591, la Tour du Molard fut ornée de frises peintes et d’armoiries des principaux acteurs de la Réforme. Plusieurs écussons symbolisent la Réforme : gerbe d’or sur fond d’azur (Antoine Froment) ; étoile blanche à huit rayons (Adhémar Fabri) ; lion rouge sur champ d’argent (Guillaume Farel) ; blanc sur blanc, une main qui tient un cœur (Jean Calvin) ; clef d’or verticale sur fond rouge surmontée d’une bande bleue à trois étoiles d’or (Théodore de Bèze). Un bas-relief à la gloire de « Genève, cité de refuge » a été apposé en 1921. Il représente une femme portant secours à un malheureux. Certains croient reconnaître Lénine dans les traits du
« malheureux » … 

La Fontaine de l’Escalade

La Fontaine de l’Escalade a été érigée en 1857 au bas de la rue de la Cité. Ses bas-reliefs représentent notamment une scène de combats entre Savoyards et habitants ainsi qu’une scène de prédication du pasteur et théologien Théodore de Bèze. 

Le Monument international de la Réformation

Le Monument international de la Réformation (dit « Mur des réformateurs ») a été construit dès 1909, pour le 400e anniversaire de la naissance de Jean Calvin et le 350e anniversaire de la fondation de l’Académie de Genève, devenue l’Université de Genève. Le monument a été inauguré en 1917. Il est composé d’un rempart de pierre gravé et orné de bas-reliefs, devant lequel sont dressées les statues des hommes d’État, pionniers ou protecteurs de la Réforme. L’ensemble, protégé par une pièce d’eau rappelant le fossé des anciennes fortifications, s’étend sur une centaine de mètres. Le groupe central représente les quatre grands prédicateurs – Guillaume Farel, Jean Calvin, Théodore de Bèze et John Knox – vêtus de la « robe de Genève » et tenant la petite Bible du peuple à la main. L’œuvre et l’influence du calvinisme dans divers pays sont rappelés des deux côtés du groupe central : l’amiral de Coligny pour la France, Guillaume le Taciturne pour les Pays-Bas, Frédéric-Guillaume de Brandebourg pour l’Allemagne, Roger Williams pour la Nouvelle-Angleterre, Olivier Cromwell pour la Grande-Bretagne et Etienne Bocskay pour la Hongrie. Le nom de Marie Dentière a été ajouté, en 2002, sur le côté de la stèle dédiée à Zwingli. L’inscription est discrète pour l’unique nom de femme figurant sur ce monument… Deux autres femmes, qui ont participé à l’essor du protestantisme à Genève, figurent sur un bas-relief du Monument : Henriette Bonna dite Baudichon, qui a milité pour la diffusion des idées protestantes, et Claudine Levet qui était prédicatrice.

Noms de rue genevoises

Les noms de plusieurs rues, avenues ou quais – De-Candolle, Trembley, Turrettini, Micheli-du-Crest, Pierre-Fatio – témoignent que Genève est devenue la terre d’accueil de milliers de familles persécutées pour leur foi. Ces familles ont marqué la ville durablement. D’autres rues genevoises portent les noms de trois des quatre figures représentées sur le Mur des réformateurs : Jean Calvin (il a vécu dans la rue renommée à son nom), Théodore de Bèze et Guillaume Farel.

Le cardon épineux argenté

Bénéficiant d’une « Appellation d’origine contrôlée » (AOC) depuis 2003, le cardon épineux argenté de Plainpalais a été introduit à Genève par des agriculteurs huguenots qui ont fui la persécution pour s’installer à Genève à la suite de la révocation de l’Édit de Nantes en 1685. Il tient son nom du quartier de Plainpalais, alors essentiellement maraîcher, dans lequel il a été d’abord cultivé avant d’être planté à la Jonction. Les maraîchers genevois continuent à cultiver cette spécialité, servie traditionnellement en gratin à Noël.


Sources :

La Ville de Genève propose un « Sentier culturel » en Vieille-Ville qui vous emmène notamment à la cathédrale, au Musée international de la Réforme, à la terrasse Agrippa-d’Aubigné, au Collège Calvin et à l’Ancien Arsenal.

https://100elles.ch/