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Eglise protestante de Genève

À la rencontre de Nicoleta Sacagiu

Depuis le 1er septembre 2024, Nicoleta Sacagiu officie comme aumônière au Pôle Santé. Elle nous présente son parcours, ce qui l’a motivée à rejoindre l’EPG et ce qu’elle espère y accomplir.

Parlez-nous un peu de vous.

Je suis née dans le « pays de l’ours », en Roumanie, aux pieds des Carpates, dans un tout petit village avec des gens solidaires, hospitaliers et d’une spiritualité très riche.

Depuis mon enfance, j’ai été fascinée par ce qui est le plus profond dans l’être humain, par cette partie mystérieuse qui échappe à la raison – par la spiritualité. Ce qui m’a toujours préoccupée est la souffrance intérieure de l’être humain : pourquoi l’homme souffre-t-il ? Pourquoi y-a-t-il tant de souffrance dans le monde ? 

À la fin du lycée, j’ai choisi comme orientation professionnelle la médecine. Prendre soin de l’autre était une de mes valeurs fortes. Une expérience vécue m’a conduite à un changement brusque d’orientation – non plus « la médecine du corps » mais plutôt « la médecine de l’esprit » – prendre soin de l’esprit de l’autre. C’est ainsi que durant 6 ans j’ai suivi des cours universitaires et postgrades en Sciences des religions. À la fin de mes études, j’ai obtenu une bourse d’étude de la part du Vatican pour un master postgrade de 2 ans à Genève, Fribourg et Chambésy. 

Toutes ces études m’ont aidée à comprendre que la souffrance peut être physique, psychologique et spirituelle, qu’il y a un lien très fort entre les trois et que chacune d’entre elles pouvait être la cause ou la conséquence de l’autre. 

J’ai connu l’aumônerie du CHUV en 2008 quand je m’y suis formée à l’accompagnement spirituel en milieu hospitalier. J’y ai travaillé jusqu’en 2022 en tant qu’accompagnante spirituelle – orientation recherche. Durant cette période, j’ai effectué une recherche sur les activités, les compétences, le rôle et l’appellation de l’accompagnant spirituel du CHUV, qui a pris la forme d’une thèse de doctorat qui est en voie de défense à l’UNIL.

Depuis février 2022, je travaille à Genève en tant que coordinatrice d’aumônerie pour la région Arve et Lac et, le 1er septembre 2024, j’ai rejoint l’équipe d’aumônerie des HUG. 

L’accompagnement spirituel reste un domaine qui m’est très cher.

Pourquoi avez-vous choisi l’EPG ?

Les études faites à la Faculté de théologie orthodoxe en Roumanie, à la Faculté de théologie protestante de Genève et à la Faculté de théologie catholique de Fribourg m’ont permis de mieux connaître les trois confessions chrétiennes et de m’ouvrir premièrement vers l’humain en tant que tel, indifféremment de sa religion, confession, spiritualité, etc.

« Ce n’est pas chacun pour soi tout seul que nous sommes nés, mais chacun pour tous, nous qui partageons tous la même nature et avons la même origine et les mêmes destinées. » (Grégoire de Naziance, Sur l’amour des pauvres)

L’amour envers l’autre et l’ouverture sont des mots qui sont en lien avec ma nomination à l’EPG ; l’amour et l’ouverture envers l’autre indifféremment de QUI il est ; et aussi l’ouverture d’une porte par laquelle je n’ai fait qu’entrer… Merci.

Quelles contributions souhaitez-vous apporter au poste auquel vous avez été nommée ?

La réponse est un peu difficile pour moi vu le peu de temps passé à ce nouveau poste. Je préfère prendre le temps de mieux connaître le contexte genevois, qui est assez différent du contexte vaudois. Je préfère, pour le moment, m’identifier à l’ours – l’animal symbole de mon pays natal – qui est un animal discret, patient, courageux, fort et confiant.

Mon apport serait de mettre mes qualités et mes compétences au services des résidents, patients, soignants et autres et au service de notre équipe d’aumônerie, quand c’est nécessaire.

Je ne peux que me dire « Continue ! » 

« Continue…
Seigneur Jésus,
Continue à me donner
pour que je puisse partager,
Continue à me pardonner
pour que je sache être indulgent(e),
Continue à m’interpeller
pour que je ne m’enferme pas en moi-même,
Continue à me demander
pour que je ne capitalise pas,
Continue à me bousculer
pour que je ne m’installe pas,
Et prends patience avec moi
pour que je ne me lasse pas de servir
. »

(Grégoire de Nazianze – prière « Continue »)