Résumé – Session du Consistoire du 13 mars 2026
Le Consistoire de l’Église protestante de Genève (EPG) a tenu une session le vendredi 13 mars 2026 au Centre paroissial de Malagnou.
Modification de la Constitution de l’EPG

À cette occasion, Bernard Pagella et Michel Cibils, membres du Conseil du Consistoire, ont présenté le travail de révision de la Constitution et du Règlement de l’EPG engagé il y a peu.
La Constitution actuelle de l’EPG date de 2012 et a été révisée quelques fois depuis. Elle n’est plus tout à fait adaptée à la réalité actuelle de l’Église.
Le travail de révision s’inscrit dans le cadre du programme de législature 2025-2029 du Conseil du Consistoire. Il a été entrepris par un groupe de trois laïcs (Bernard Pagella ; Michel Cibils ; Flore Deferne Kobel). L’ensemble des articles de la Constitution et du Règlement seront, dans ce cadre, passés en revue ces prochains mois. L’objectif est de voir ce qui peut être amélioré ou allégé. Une attention particulière sera donnée à la séparation des pouvoirs et à la hiérarchie des articles (ce qui doit être placé dans la Constitution, le Règlement ou relève des Directives d’application). Le but est d’alléger la Constitution et d’aboutir à un texte qui n’ait pas besoin d’être révisé régulièrement.
Dans le contexte de cette révision, des consultations seront menées avec le Conseil de la Compagnie des pasteurs et des diacres, la Commission des ministères et le Consistoire. Une adresse e-mail a également été créée pour les personnes souhaitant partager des observations sur la Constitution dans le cadre de ce processus de révision : constitution@protestant.ch
Ratification des statuts de la CER

La Conférence des Églises Réformées Romandes (CER) est une association qui regroupe les délégués des six Églises réformées romandes (GE, VD, FR, NE, FR, BEJUSO) et de la Conférence des Églises françaises de Suisse alémanique. Créée pour promouvoir la mise en relation des activités des Églises réformées, elle bénéficie d’un budget annuel de 3 millions de francs avec lequel elle gère les offices des médias, de la formation et des éditions pour l’ensemble des Églises membres. Chacune d’elle contribue au budget. S’agissant de l’EPG, sa contribution annuelle s’élève à 300 000 francs.
En 2024, une commission temporaire a été mandatée pour se pencher sur le fonctionnement de la CER et proposer un nouveau modèle dans l’optique de l’optimiser. Le nouveau modèle prévoit notamment :
1) que le nombre de délégués à la CER soit réduit de moitié afin de pouvoir travailler et discuter ensemble plus efficacement ;
2) que le nombre de séances de l’Assemblée générale (AG) de la CER soit doublé, passant de 3 à 6 par année, afin de permettre à la CER d’être plus réactive dans ses prises de décision ; et,
3) que la plateforme de stratégie générale (PSG), qui réunit actuellement les président·e·s des Églises réformées romandes en parallèle des AG de la CER, cesse ses activités en faveur des séances supplémentaires de l’AG de la CER.
Par ailleurs, le nouveau modèle prévoit la création d’une commission de gestion dans laquelle chaque Église sera représentée, et dont la mission sera d’examiner la façon dont la CER est gérée par son Conseil exécutif. Ce dernier sera pour sa part renommé Bureau.
Ces modifications visent principalement à améliorer l’efficacité de la CER en lui offrant une capacité de prise de décision plus rapide et une plus grande réactivité.
Les délégués du Consistoire ont ratifié les nouveaux statuts de la CER à l’unanimité.
Élection au Conseil de fondation de gestion du domaine de Monteret
L’Église protestante de Genève est propriétaire du domaine de Monteret, un espace de retraite, de rencontres et d’activités spirituelles et communautaires situé dans le Jura.
Selon les statuts de la Fondation de gestion du domaine, le Consistoire a la responsabilité d’élire les nouveaux membres du Conseil de fondation, sur proposition de ce dernier. Vendredi 13 mars, les noms de deux personnes, Pierre-Alain Nobs et Pierre-Alain Wohlers, ont ainsi été proposés par le Conseil de fondation. Ils ont été élus à l’unanimité par le Consistoire.
Assemblées de l’Église 2027 et 2028

En 2027 et en 2028, l’Assemblée de l’Église sera organisée respectivement le 23 mai 2027 et le 21 mai 2028. Les dates ont été adoptée à l’unanimité par les délégués au Consistoire.
Les thèses des jeunes issues de ‘Lutherrail‘

Un groupe de jeunes de l’EPG est venu rendre compte de son expérience à l’occasion d’un voyage de groupe organisé au printemps 2025 pour ‘vivre le luthéranisme’, et au cours duquel ils ont visité trois pays : l’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas. Ce voyage en train s’est inscrit sous le sceau de la rencontre, les jeunes étant accueillis et hébergés, à chaque étape, par une paroisse locale.
Il a été pour eux l’occasion de réfléchir à ce que signifie « être en chemin dans notre Église ». De ces réflexions, les jeunes ont tiré 10 thèses pour l’Église d’aujourd’hui comme suit :
Thèse 1 –L’importance d’être présent au culte : le culte reste un endroit central où se vit quelque chose de particulier. En tant qu’Église, la tenue du culte reste importante. Elle répond à des besoins et un point d’ancrage pour fonder d’autres relations.
Thèse 2 –Avoir une identité propre : en rencontrant d’autres communautés protestantes pendant leur voyage, les jeunes ont réalisé qu’ils avaient, en tant que jeunes protestants réformés suisses, une identité qui leur est propre. Pour être en dialogue avec les autres, il faut comprendre qui on est. Être face à l’autre nous amène à nous rappeler notre identité.
Thèse 3 – Être protestant, c’est être engagé pour le monde : les jeunes ont également souligné l’importance, en tant que protestant, d’avoir des valeurs et de les défendre ; de s’engager pour la justice et d’accueillir la diversité du monde, y compris dans nos paroisses.
Thèse 4 – Que ma présence dans la communauté fasse une différence : les membres d’une communauté sont importants et il faut valoriser la présence de chacun·e. Il importe d’encourager chaque personne à participer.
Thèse 5 –L’Église peut être un lieu pour proposer une alternative à l’accélération du monde : alors que tout va très vite dans notre quotidien, il importe de s’accorder des moments de pause. Les moments de culte et de partage au sein de l’Église peuvent être des parenthèses intemporelles dans notre quotidien. Il est important de ne pas oublier de s’accorder des moments pour soi et pour sa foi dans son quotidien.
Thèse 6 – Avoir de la joie : quelle meilleure manière de recevoir, accepter et transmettre la Bonne Nouvelle que dans la joie ?
Thèse 7 – Accueil inconditionnel : la dimension d’accueil inconditionnel de notre Église est importante ; les jeunes la ressentent et veulent la perpétuer.
Thèse 8 – La place du corps dans le culte : au-delà de la prédication, il est aussi possible de participer au culte et de le vivre à travers notre ressenti et notre corps (à travers la position de ce dernier ainsi que nos gestes). Il est important de valoriser ce ressenti.
Thèse 9 – Être une Église qui fait la place à l’intellectualité : il est important de pouvoir continuer à réfléchir et à débattre de qui nous sommes (origine de la confession protestante réformée).
Thèse 10 – Renouer avec la Louange : les jeunes ont souligné l’importance de la louange ; c’est une manière différente de communiquer et de partager avec autrui.
Ces thèses sont un encouragement à continuer à faire ce que nous savons bien faire (intellectualité ; accueil), mais elles sont là aussi pour dire que certaines choses doivent évoluer.
Assemblée de l’Église 2026

L’Assemblée de l’Église 2026 marquera le 490e anniversaire de l’adoption de la Réforme à Genève. Elle sera donc un point de départ pour préparer l’anniversaire du 500ème.
Ce temps se voudra festif avec un programme sur trois jours, à la charnière entre l’année thématique liberté et l’année thématique responsabilité qui sera lancée à l’occasion de ce week-end.
Ce 490e anniversaire de la Réforme à Genève et le début de l’année thématique responsabilité sauront aussi un point de départ pour la mise en œuvre d’une stratégie visant à assurer la continuité de l’EPG, y compris financière.
Au programme de ce week-end de fête :
Vendredi 29 mai
À 20h, à la cathédrale Saint-Pierre : concert d’orgue de Vincent Thévenaz, à l’occasion de l’inauguration du grand-orgue Metzler restauré de la cathédrale.
Samedi 30 mai
À 20h, à la cathédrale Saint-Pierre : concert Black Church avec la chanteuse américaine Theresa Thomason et le pianiste Samuel Colard — une immersion vibrante dans la tradition gospel afro-américaine, en lien avec le livre du même nom – Black Church – De l’esclavage à Black Lives Matter, paru aux Éditions Labor et Fides. Le conert Black Church est une initiative commune de l’EPG (dans le cadre de son projet ‘Liberté 25-26’) et des Éditions Labor et Fides.
Dimanche 31 mai
À 10h, deux cultes auront lieu en parallèle :
· À la cathédrale Saint-Pierre, un culte présidé par le modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres, Alexandre Winter ;
· À l’Auditoire Calvin, un culte pour les enfants (seuls ou en famille) coordonné par le Ministère cantonal Enfance et les Régions.
En lien avec le 490e anniversaire de la Réforme à Genève et le début de l’année thématique ‘responsabilité’, un temps de réflexion, d’échange et de témoignages sera proposé lors du culte du dimanche 31 mai, autour du don et du renouvellement de l’adhésion à l’EPG. Le culte durera donc exceptionnellement 1h30. A noter que les enfants participants au culte à l’Auditoire Calvin seront pris en charge pendant toute la durée du culte à la cathédrale.
À 11h45, dans la cour Saint-Pierre :
Apéritif et collation.
À 14h, au temple de la Madeleine :
La pièce « L’homme qui marche et autres marcheur·euse·s», une adaptation théâtrale de l’œuvre « L’homme qui marche » de Christian Bobin, conçue et interprétée par Myriam Sintado, autour des thèmes de la liberté et de la responsabilité.
À 17h, à la cathédrale Saint-Pierre :
Concert d’orgue de Thomas Ospital, titulaire du grand-orgue de l’église Saint-Eustache à Paris, organisé également dans le cadre de l’inauguration du grand-orgue Metzler restauré de la cathédrale.
L’intégralité du programme du week-end est à retrouver en ligne sur :
https://epg.ch/pages/assemblee-eglise-2026/
Consécrations en 2027

La célébration de six consécrations au sein de l’EPG aura lieu en 2027, à l’occasion du culte cantonal de l’Assemblée de l’Église en mai. Les consistoriaux auront le rôle d’accepter ou refuser ces demandes de consécration. Les futurs consacrés viendront donc se présenter et expliquer leur vocation au Consistoire lors de la session de septembre ou novembre 2026.
Journée du patrimoine 2026

L’EPG participera à nouveau aux journées du patrimoine en 2026, le samedi 12 septembre. Le thème de cette année est le ‘péril’. Le projet de l’EPG est en cours d’élaboration. Il devrait inclure des visites de lieux de culte qui sont cours de restauration ou ont été réhabilités. Ainsi des visites du chantier du temple de la Fusterie sont envisagées, ainsi que des visites de deux chapelles réhabilitées : une au Grand Lancy et une autre à Onex.
Une conférence sur le patrimoine protestant en péril ou réhabilité est également en cours de préparation.
Présentation de l’Église Berne-Jura-Soleure par Philippe Kneubühler
Dans le cadre des visites de représentants d’autres Églises membres de la Conférence des Églises réformées romandes (CER) au Consistoire, la session de vendredi 13 mars a été l’occasion de recevoir Philippe Kneubühler. Ce dernier est conseiller synodal de l’Église Berne-Jura-Soleure (BEJUSO), membre du Conseil de l’Église évangélique réformée de Suisse et président de l’assemblée générale de la CER.
Lors de son intervention, M. Kneubühler a présenté l’Église BEJUSO et les activités de cette dernière.
BEJUSO est une union synodale qui inclut deux Églises ayant décidé de former ensemble une union : les Églises jurassienne et bernoise.
BEJUSO a trois ministères : un ministère pastoral ; un ministère diaconal, et un ministère catéchète équivalent aux deux autres.
Église bilingue avec l’allemand en langue dominante, elle est financée à travers un système de trois piliers :
1er pilier – Les titres historiques : les biens de l’Église ont été remis à l’État au début du 19e siècle en contrepartie de quoi l’État s’est engagé à payer le salaire des pasteurs. La somme fournie correspond aux intérêts des biens transférés à l’État au 19e siècle. Elle est actuellement équivalente à 30 millions de francs. Cette somme finance un peu moins de la moitié des salaires pastoraux.
2ème pilier – Le financement étatique des activités non-cultuelles qui couvrent l’accompagnement des personnes âgées, la catéchèse, les activités culturelles et l’entretien des biens immobiliers.
3ème pilier – L’impôt ecclésiastique des personnes physiques et morales : ce dernier est fixé et encaissé directement par les paroisses.
Le budget actuel de l’Église BEJUSO s’élève à 90 millions de francs.
Elle compte plus de 200 paroisses organisées en 13 arrondissements, approximativement 500 pasteurs et 100 collaborateurs administratifs. Son synode (Consistoire) compte quant à lui 200 membres.
Ses grands projets actuels incluent 1) la refonte du catéchisme avec le développement d’une pastorale couvrant les jeunes de leur naissance jusqu’à leurs 25 ans ; et 2) la redynamisation de l’Église face à la perte de membres et de ministres (en formant et fournissant des outils aux laïcs pour travailler avec les pasteurs ou en toute autonomie).
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30 mars 2026 – Seul le mémorial fait foi