« Les rois de la terre se dressent, et les princes s’unissent,
contre le Seigneur et contre son Christ (…)
[Mais] Celui qui demeure dans les cieux, Il rit, le Seigneur (…)
Alors Il leur parle dans sa colère ; son Souffle brûlant les bouleverse (…)
[Et Il dit :] « Moi, j’ai donné l’onction d’huile à mon roi sur Sion, ma Montagne Sainte » (Psaume 2,2-6

 

L’apôtre Jacques nous le dit sans détours : « toute grâce excellente et tout don parfait descendent d’En-Haut, du Père des lumières » (Jc 1, 17). Et quel plus grand Don que le Christ ? Dont le nom signifie « Celui que Dieu a oint de l’huile qui désigne le roi ». En Christ, Dieu se donne Lui-même – avec toutes ses grâces, toute sa Bonté, tout son Amour… Dans l’exacte mesure où nous consentons à son Règne !

Telle est la Parole de l’Évangile : « avec la mesure dont tu te sers toi-même (pour mesurer et juger les autres), tu seras toi-même mesuré(e) ! » (Mt 7,2) ; il n’y aura « pas de miséricorde pour qui est sans miséricorde » (Jc 2,13). Le fait que Dieu soit infiniment Bon ne signifie pas qu’il soit complaisant avec nos travers, nos résistances, voire, nos « complots » contre son Règne ! En nous et entre nous.

Là se place, concrètement, notre chemin de confiance dans la prière : dans cette folle assurance que nous pouvons nous placer entièrement et volontairement dans Sa Lumière, sans danger ! Puisque Christ est donné « pour que ceux qui sont dans la nuit ouvrent les yeux à la vraie lumière, et pour que ceux qui croient voir réalisent leur aveuglement » (cf. Jn 9,39). Oui, simplement s’arrêter et ouvrir son cœur au Seigneur est un acte de foi puissant. Car, même si nos perceptions, nos intentions ou nos comportements se révèlent risibles – ou intolérables ! – devant la Face de Dieu, l’humain qui prie ne craint pas le jugement. Au contraire : en venant nous présenter « aux pieds de la Montagne Sainte », nous nous savons promis à cette Onction spirituelle qui régénère la vie. Car Christ est venu « non pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui » (Jn 3,17).

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Philippe Rohr, diacre & aumônier

24 mars 2022