« Reviens, Seigneur, délivre-moi ; sauve-moi, à cause de ta fidélité.
Car, dans la mort, on n’évoque pas ton nom ;
dans le séjour des morts, qui te célébrera ? » (Psaume 6, 4-5)

La grande force des Psaumes est de nous conduire dans la prière avec toute la radicalité nécessaire ! Et c’est déjà une très grande grâce de pouvoir « mettre en mots » les maux qui nous travaillent ; de pouvoir nommer et articuler un chemin de sortie de l’épreuve. C’est pourquoi, quand c’est possible, il est très avantageux, non seulement de « lire » les Psaumes, mais de les dire, de les prononcer à haute voix. Comme un vrai chemin d’incarnation de la Parole : en lui offrant notre propre souffle et notre propre vécu, nous lui permettons d’agir… en nous-mêmes. D’abord et avant tout. Car la prière n’est pas un « levier de puissance » pour dire à Dieu ce qu’Il doit faire avec les autres. Bien plutôt un humble chemin de confiance où oser nommer tous nos combats intérieurs.

Avec ce verset, typiquement – qui évoque la radicalité de l’enseignement de Jésus : « Que votre parole soit « oui est vraiment oui », « non est vraiment non » – car tout ce que vous ajoutez vient du mal. » (Mt 5,37). Face à l’enjeu radical de nos propres existences, « c’est oui, ou c’est non ! », ainsi que nous le demande la célèbre Parole de Dt 30,15 ss. : « Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal… Choisis la vie ! »                   

Quelles que soient les circonstances, nous revient toujours une ultime liberté : « Que faire de ce qui nous arrive ? » Par notre faute ou non, là n’est pas la question : ce que demande le cri du psalmiste est d’être délivré de la mort spirituelle. Puisque « dans la mort, on n’invoque pas le nom du Seigneur, on ne le célèbre pas ». Telle est donc la demande fondamentale de ce verset : rester vivant dans l’épreuve ! Être libéré du plus grand de tous les maux : se détourner de Dieu ; de sa fidélité ; de ses grâces… Tout peut nous être ôté (ce sera le cas, au jour de notre mort physique), mais quiconque demeure en Dieu, Dieu demeurera en lui – c’est la promesse du Christ : « Moi je suis le Relèvement – et la Vie. Celui qui vit et me donne sa confiance, même s’il meurt, demeurera – dans la Vie éternelle. » (Jn 11, 25-26).

***

Philippe Rohr, diacre & aumônier

30 juin 2022