« Qu’est-ce que l’Homme ? Car Tu t’en souviens ! Un fils d’humain ? Car Tu le visites… » (Psaume 8,4)

Quand les circonstances de nos vies se font mauvaises, éprouvantes, choquantes, décevantes… alors notre relation à Dieu est systématiquement mise à l’épreuve. Et des « voix », extérieures ou intérieures à nous-mêmes, reprennent les arguments énumérés par la parole biblique : « Et ton Dieu, où est-Il donc ? Que fait-Il ? » (Ps 42,10). Et sur la crête où nous cheminons en de tels moments, deux pentes très dangereuses nous menacent, de part et d’autre du chemin : soit Dieu n’existe pas ou n’est pas fiable, pas bon ! Soit l’être humain est totalement corrompu et irrécupérable ! Seuls le mal et la mort semblent certains. Face à de telles pensées ou tentations, souvenons-nous de ce que Jésus nous enseigne, mis à l’épreuve lui-même au désert (cf. Mc 1, 9-15) : la prière trouve sève et force dans la Parole de Dieu. C’est elle « qui clarifie le regard » (Ps 19,8). Oui, comme le dit l’apôtre Paul, exposé lui-même à de violentes épreuves au cours de son chemin de témoin du Christ, « toute Écriture inspirée de Dieu est d’un grand profit pour être enseigné, convaincu, corrigé et instruit de ce qui est juste… » (cf. 2 Tim 3,16).

Et ainsi, face à la tentation du désespoir, ces mots du présent Psaume, qui tiennent ensemble deux réalités essentielles : (1) d’abord, le Dieu Vivant, Source de toute vie et Créateur de notre humanité,
« se souvient » de nous, de notre nature, de notre situation, en ce bas monde ! Cette Fidélité absolue est non seulement répétée tout au long des Écritures, mais elle est « scellée dans la chair », pour toujours, depuis que Dieu est descendu épouser notre condition humaine, en Jésus-Christ. Mais (2), ce verset de Psaume nous en dit plus encore : ce « souvenir de Dieu pour nous » n’est pas une réalité lointaine ; nous sommes « visités » – le Vivant se rend présent à nous, par l’Esprit Saint, qui prie en nous bien avant nous ! (relire Rm 8,26). Reste alors la question ouverte par ce verset de Psaume : « Qu’est-ce donc que l’être humain ? » Notre foi répond par la quête d’un Visage ; celui d’une humanité retrouvée, restaurée, purifiée de ce qui la dévisage… Mais peut-être le puissant gouverneur Pilate ne réalisait-il pas ce dont il témoignait en montrant Jésus à la foule et en disant « Voici l’Homme »… (Jn 19,15).