Trois pasteur.e.s et une diacre ont été engagé.e.s par l’Eglise protestante de Genève le 1erseptembre dernier, au terme de leur stage de dix-huit mois. Ils.Elles nous ont parlé de leur parcours, de leur cheminement et de leur vision du pastorat. Cette semaine, place à la diacre Greta Nania-Montoya Ortega et à la pasteure Loraine d’Andiran.

Comment est née votre foi ?

Greta Nania-Montoya Ortega

Greta Nania-Montoya Ortega, diacre
Photo: Alain Grosclaude

Greta Nania-Montoya Ortega (GN) : Mes parents étant pasteurs, je suis presque née dans une Eglise. C’est peut-être pour cela que ma foi a toujours été une évidence. A l’adolescence, j’ai pris mes distances avec l’Eglise, que je n’ai plus fréquentée comme avant, mais sans jamais remettre en question ma foi. J’ai ensuite vécu un processus de maturation de ma foi, durant lequel elle s’est approfondie.

Loraine d’Andiran (LD) : J’ai toujours eu la foi et un émerveillement devant toutes les formes de foi dans les différentes traditions religieuses. J’étais allée rendre visite à un oncle, qui travaillait en Inde. Cela m’avait vraiment interpellée de voir la foi si présente dans le quotidien. Les « choses de Dieu » me passionnent depuis longtemps. Cela m’intéresse de voir comment chaque culture essaie d’approcher Dieu. Je trouve qu’il y a une grande unité lorsque l’on regarde derrière les différences et que c’est formidable de prendre conscience du parallèle et du fond commun. C’est pour cela que j’ai étudié l’histoire des religions à l’université de Genève.

Pourquoi avoir choisi le diaconat, respectivement le pastorat ?

Loraine d’Andiran, pasteure

Loraine d’Andiran, pasteure
Photo : tous droits réservés

GN : J’ai toujours été habitée par la volonté d’être proche des gens, de les accompagner et de les écouter, en étant à leurs côtés dans leur quotidien. Cela m’a conduit, dans un premier temps, à choisir le métier d’infirmière. Après six années de pratique, je me suis rendu compte qu’il me manquait la dimension spirituelle. J’ai alors commencé des études en théologie dans une démarche de recherche personnelle. Durant ces études, j’ai découvert l’existence du métier de diacre. Tout ce que j’avais vécu jusqu’à ce moment-là, tout ce processus, a alors pris sens.

LD : Au moment où mon premier métier, celui d’enseignante de français pour adultes, changeait, je me suis rendu compte que nombre de mes loisirs étaient investis pour l’Eglise. Je passais mon temps dans des groupes de prière, à des études bibliques, aux cultes et j’étais conseillère de paroisse à Saint-Pierre… C’est une soif que j’avais. Je n’avais jamais pensé devenir pasteure, mais un jour, mon pasteur, Emmanuel Rolland, m’a suggéré de rencontrer le doyen de la faculté de théologie. Je me suis inscrite le soir même de notre discussion ! C’était comme un puzzle qui finissait enfin de s’assembler, une évidence qui me permettait de tout relier.

Comment voyez-vous votre travail ?

GN : Pour moi, il s’agit de marcher aux côtés de gens, de les rencontrer là où ils sont, avec leurs questions, leurs doutes, leurs certitudes et leurs colères. Un peu à l’image de Jésus qui chemine avec les disciples d’Emmaüs.

LD : Je m’occupe particulièrement de l’axe enfance-familles. Je suis formatrice Godly Play (ndlr : une pédagogie qui favorise la spiritualité de l’enfant). C’est, je trouve, une approche passionnante et ludique pour entrer dans les textes bibliques. Je trouve magnifique d’entendre ce que les enfants ont à dire sur la spiritualité et de voir avec quel sérieux ils se questionnent. Mon second axe, qui a toujours été important pour moi, est lié à l’aumônerie et aux visites, notamment en EMS dans le cadre de mon poste actuel. 

De quel projet rêvez-vous ?

GN : Pour le moment, je suis encore en phase de découverte de deux ministères très différents (ndlr : lire encadré), à la fois entre eux et de ce que j’ai connu avant. Il faut d’abord que je perçoive mieux les besoins, les envies et les attentes des différentes personnes pour pourvoir leur proposer des choses qui ont du sens pour elles. Le confinement rend tout cela encore plus compliqué.

LD : C’est comme lorsque Jésus appelle ses disciples : il faut attendre le bon moment pour proposer des projets. Je dois d’abord avoir une meilleure connaissance du terrain pour sentir de quoi les gens ont envie et besoin afin de savoir comment partager avec eux les trésors de l’Evangile. 

Qui sont-elles ?

Greta Nania-Montoya Ortega (46 ans) est née à Cuba de parents pasteurs réformés et professeurs de théologie. Elle est arrivée en Suisse à l’âge de 11 ans. Elle est diacre à 50% auprès de la Communauté œcuménique des personnes handicapées et leurs familles et à 50% au LAB, un projet pionnier de l’Eglise protestante de Genève qui propose aux jeunes adultes un espace ouvert, moderne et inclusif.

Loraine d’Andiran (41 ans) travaille à 50% pour la Région Jura-Lac (paroisses de Versoix, du Petit-Saconnex et les 5 communes) et à 20% pour le plan relève.


Anne Buloz