Newsletter – EPG Info : 25 novembre 2020

Trois pasteur.e.s et une diacre ont été engagé.e.s par l’Eglise protestante de Genève le 1erseptembre dernier, au terme de leur stage de dix-huit mois. Ils.Elles nous ont parlé de leur parcours, de leur cheminement et de leur vision du pastorat. Cette semaine, place aux pasteur.e.s Sandrine Landeau et Ghebréslassié Teklemariam.

Comment est née votre foi ?

Sandrine Landeau (SL) : Je n’ai pas grandi dans une famille où la foi était bienvenue. Je n’avais pas d’espace pour la développer, la vivre et chercher des réponses à mes questions. Le Christ est venu à moi à travers des personnes en chair et en os : mes cousins, une Petite Sœur des pauvres, une conseillère de paroisse et le pasteur Marc Pernot, alors en poste à Nancy et aujourd’hui lui aussi à Genève. A Nancy, j’ai tout d’abord participé à des cultes – au début cela a été déroutant –, avant de devenir responsable d’un groupe et bénévole. J’ai vécu un parcours catéchétique à l’âge adulte.

Ghebréslassié Teklemariam (GT) : Je suis né dans une famille croyante. Nous priions souvent et allions à l’Eglise tous les dimanches ou presque. Il était évident que Dieu existe, qu’Il nous a créés et que nous sommes Ses enfants. Ma foi a été consolidée dans un groupe biblique. Je n’ai jamais douté malgré les difficultés, même lorsque ma demande d’asile a été refusée.

Pourquoi avoir choisi le pastorat ?

SL : J’ai senti un appel intérieur. A la fin de mon master à la faculté de Genève, j’ai hésité entre me lancer dans le pastorat tout de suite ou attendre un peu. Après quelques années dans la recherche, l’appel au ministère pastoral a été plus fort. Cela s’est fait naturellement. J’ai envie d’apporter quelque chose à la communauté.

GT : J’avais étudié la géographie en Erythrée. Lorsque mon statut de réfugié a été accepté, des amis m’ont encouragé à poursuivre mes études pour obtenir une maîtrise. Je me suis alors rendu compte que je ne pouvais pas m’inscrire dans deux facultés… Cela m’a fait réfléchir. L’Esprit de Dieu m’a inspiré. J’ai changé d’avis au dernier moment et mon choix s’est porté sur la théologie. A la fin de mes études, je me suis dit que si Dieu m’avait porté jusque-là ce n’était pas pour mettre la lumière où les gens ne la voient pas (Mt 5, 15-16). Dieu m’a guidé pour que je partage Sa volonté, l’amour qu’Il a pour chacun et afin que nous avancions ensemble.

Comment voyez-vous votre travail ?

 SL : J’aime écouter les gens, notamment les enfants que je trouve très rafraîchissants. Leurs questions sont simples dans leur formulation mais extrêmement profondes. J’aime explorer avec eux. J’ai commencé à rencontrer une à une toutes les familles qui mettent leurs enfants au catéchisme pour les connaître, les accompagner, comprendre leurs besoins spirituels et savoir si nous pourrions imaginer quelque chose ensemble, car c’est une génération qui va rarement aux activités d’Eglise. Je célèbre aussi des cultes, ce que j’aime beaucoup, car c’est travailler et transmettre l’Evangile.

GT : Dieu a mis ma vie sur la route, me soutient et me donne la force d’avancer pour contribuer à ce que l’état d’esprit des gens leur permette de recevoir le Dieu vivant qui est à l’origine de toute vie. Je veux partager avec mes semblables un esprit d’écoute, de bienveillance et de solidarité.

De quel projet rêvez-vous ?

 SL : Je fais partie de l’équipe qui vient de lancer les « Tentes Rouges », un espace de parole bienveillant réservé aux femmes, où elles sont reçues et écoutées sans morale et sans jugement. J’ai rencontré le Christ par les gens, j’aimerais pouvoir être passeuse à mon tour. J’aimerais incarner la grâce de ce en quoi je crois et sur laquelle j’ai fondé ma vie.

GT : Chaque premier dimanche du mois, je célèbre un culte multiculturel qui regroupe les fidèles de la paroisse de Lancy et la communauté camerounaise. Je suis le trait d’union pour consolider les liens entre ces deux communautés. L’objectif est de créer un espace où chacun est appelé à partager librement ce qu’il vit, comment les textes bibliques lui ont parlé et cheminer ensemble dans la foi. On peut s’enrichir mutuellement. J’envisage également de lancer une Lectio Divina (ndlr : une lecture priante des textes bibliques) multiculturelle.

Qui sont-ils.elles ?

Sandrine Landeau (41 ans) est née dans le nord de la France. Après des études scientifiques, elle a travaillé en tant qu’ingénieure forestière durant six ans. Mariée, elle a un fils de 6 ans et une fille de 10 ans. Elle est pasteure dans la Région Centre-Ville Rive Gauche (paroisses de Saint-Pierre, Champel, Malagnou et Eaux-Vives) à 50%, avec un axe enfance-famille.

Ghebréslassié Teklemariam (41 ans) a quitté l’Erythrée à 22 ans en raison de la situation politique instable dans son pays. Il est arrivé en Suisse en tant que réfugié. Il a deux fils de 7 et 11 ans. Il est pasteur à 40% dans la Région Salève (paroisses de Carouge, Lancy, Plan-les-Ouates et Troinex-Veyrier) pour l’Enfance et pour la paroisse de Lancy, à 30% dans la Région Centre-Ville Rive Droite (paroisses de Montbrillant, Servette et Saint-Gervais) et à 20% pour le projet de rapprochement des deux communautés.