Pasteur Espoir Adadzi

Pasteur Espoir Adadzi

Le pasteur Espoir Adadzi, envoyé de la Cevaa (Communauté d’Eglises en Mission) à Genève, a partagé son expérience mi-septembre devant le Consistoire. Suite à sa présentation très appréciée, il nous résume son intervention :

Profonde est ma reconnaissance à la fois à Dieu, à l’Eglise protestante de Genève, à l’Eglise Evangélique presbytérienne du Togo (EEPT) et à nos institutions partenaires pour cette opportunité qui m’est offerte de vivre ce ministère nouveau, riche en expériences si constructives, aussi bien pour ma famille que pour mon Eglise.

En cette matinée hivernale du 6 décembre 2017, j’ai débarqué à Genève pour la toute première fois. Du parcours de Cointrin à Lancy, l’ordre et la discipline des usagers de la route d’une part, la propreté de la ville et l’immensité de tout ce qu’on y voit d’autre part, ont été mon premier émerveillement. Même si aujourd’hui, un petit recul me fait digérer le choc hivernal subi, ce n’était pas du tout évident ce jour-là.

Quelle ne fut pas mon admiration devant trois particularités : la diversité helvétique qui constitue autant un sujet de richesses culturelles que de division ; le respect de l’horaire qui fait partie du respect de l’autre et l’organisation de la vie sociale. La vie quotidienne y est hyper rythmée.

La première ambivalence transparaît dans l’individualisme. Cette réalité sociale occidentale qui, à certains égards, me choque en tant qu’africain, présente tout de même des avantages et me rappelle souvent cet adage africain : « Si tu veux aller vite, marche seul mais si tu veux aller loin, marchons ensemble. ».

Le culte dominical constitue pour moi le premier élément de rassemblement communautaire de l’Eglise. La réalité fut tout autre au culte dominical du 10 décembre 2017 à Cartigny. En effet, annoncé comme un culte régional, j’avais une représentation qui s’est avérée exagérée par rapport à ce qu’il aurait été dans mon Eglise au Togo. Ce n’était pas du tout évident comme choc. Alors qu’un culte régional au sein de l’EEPT rassemblerait des milliers de paroissiens, nous n’étions qu’une trentaine de personnes à cette célébration. L’apéro de l’après culte est un moment de partage et de convivialité que j’ai accueilli personnellement avec émerveillement. Nos contextes de vie semblent influencer sérieusement nos attitudes envers la profession de la foi.

Le volet du message théologique m’interpelle. Il est d’une qualité supérieure. La croyance est bien réfléchie et la foi qu’elle véhicule est plus réaliste.

Pour moi, la théologie peut évoluer mais le désir intérieur de la foi demeure immuable. La foi c’est du souffle profond et parfois fragile qui a besoin de fissure dans la théologie pour germer ou pousser. Elle a besoin du réfléchi pour s’orienter mais aussi de l’absurde et de l’incompréhensible pour s’exprimer.

Je conclue par une question : comment définir le ministre et le ministère pastoral dans une société hautement sécularisée, en pleine déchristianisation et qui se recompose avec le flux migratoire ?