Soulagement, cohérence, dynamisme, enthousiasme, renouveau… ces mots ont résonné dans le temple de Malagnou où se tenait l’Assemblée du Consistoire –organe délibérant– le 18 septembre. La présentation du modèle finalisé de gouvernance nommé EPG Convergence 2020 a suscité une large adhésion. Sa mise en œuvre avait été adoptée en juin après des mois de discussions tendues.

Sans doute fallait-il passer par ces étapes douloureuses avant que n’émerge un projet qui fasse consensus après un an de débat à la faveur d’une véritable introspection collective. Un mot pour guérir les maux : Convergence. Il résume à lui seul la volonté affirmée de tendre vers un but commun, une réforme institutionnelle rendue possible par l’écoute, le dialogue et la concertation. Ce projet a été porté par le pasteur Blaise Menu* et deux membres du Consistoire Flore Deferne Kobel et, Marc Vuilleumier Stückelberg. Il se base sur une révision critique de tous les modèles de direction expérimentés depuis plus de 15 ans au sein de l’Eglise : une analyse fine des forces et faiblesses afin de tirer les enseignements des réussites et dysfonctionnements passés.

Porté par un comité de pilotage (copil), doté de compétences variées et d’un chef de projet expérimenté, élaboré durant l’été pour en préciser les contours, le projet Convergence met l’accent sur la mission au cœur même de la structure. L’objectif est clair : construire une unité de tous les acteurs et actrices de l’Eglise depuis les paroisses jusqu’à l’administration en passant par la Compagnie des pasteur.e.s et des diacres, renforcer une mixité d’activités traditionnelles et innovantes, penser et promouvoir de nouvelles formes d’évangélisation, de témoignage, de transmission et de formation adaptées à notre temps.

En matière de séparation des pouvoirs, ce modèle s’inspire de la norme ZEWO –label de qualité et gage de confiance – avec une césure plus nette entre le stratégique et l’opérationnel. Autre changement majeur : à la tête de l’administration, en lieu et place de la direction bicéphale actuelle, un secrétaire général, qui arbitre et dirige l’administration, entouré de deux adjoint.e.s,  chargé.es respectivement de la gestion et de la mission. Un travail de consultation considérable opéré par le Copil a permis de recueillir les avis des différentes parties prenantes. Car l’Eglise protestante de Genève n’est pas une « entreprise » comme les autres et il s’agit de tenir compte des modes opératoires, de la culture, et des codes des différentes entités qui la composent. Pour autant, le copil s’est attaché à une simplification de la structure réclamée de longue date en opérant une clarification des rôles et responsabilités.

Tous s’accordent à le dire : la gouvernance doit servir la mission. « La gouvernance et l’organisation de l’Eglise sont absolument inséparables de sa mission et de sa vision ». Ces mots prononcés par le chef de projet Maurice Graber ont dicté l’action du copil dans une démarche de construction commune afin que chacune et chacun soient moteur du changement. Dès lors, et jusqu’au mois de décembre, le groupe de travail se consacrera au déploiement et à la mise en place concrète de la nouvelle structure.

Flore Deferne Kobel souligne : « Un modèle organisationnel ne construit pas une Eglise. Ce sont les hommes et les femmes qui sont l’Eglise, la façonnent et la construisent ensemble, dans la diversité et l’unité. » Aussi, durant tout le processus en cours, une attention particulière sera portée à l’adéquation des recrutements, à la formation et à l’accompagnement du changement.

Une confiance restaurée pour un nouveau départ…

*modérateur de la Compagnie des pasteur-e-s et des diacres