Qu’est-ce que Pâques ? La réponse semble évidente : c’est le fait que Christ est vivant ! Par sa mort, il a vaincu la mort. La résurrection de Jésus-Christ est le fondement même du christianisme. C’est cela qui change tout. Pourtant, ce moment décisif n’est décrit dans aucun des quatre Évangiles, contrairement à bien d’autres étapes. Puisqu’elle échappe aux Écritures, la résurrection est nécessairement décrite dans un autre langage, souvent utilisé par les religions, celui des symboles.

Dans l’Antiquité, le phénix par exemple, était connu pour son pouvoir de renaître après s’être consumé dans les flammes. L’oiseau mythique symbolisait ainsi les cycles de mort et de résurrection. Le paon était, de son côté, un symbole classique de vie éternelle. La chute et la repousse de ses plumes, au printemps, étaient interprétées comme un symbole de renouveau et de résurrection. Symbole incarné dans notre propre condition humaine, la croix est un signe puissant et provocant de la résurrection : elle rappelle, fondamentalement, qu’un chrétien n’a pas à craindre la mort.

Le baptisé reconnaît que le Christ est vivant

Le premier symbole de la résurrection est, cependant, le baptême  – sacrement conservé par la foi réformée, qui nous unit au Christ : « Le baptisé est incorporé dans le corps du Christ vivant ». L’apôtre Paul dit en effet aux croyants : ’Vous êtes le corps du Christ’ (1 Co 12, 27). Le geste originel du baptême, par immersion, est un geste qui a une véritable portée. Cette « plongée dans l’eau » symbolise déjà la victoire de Pâques. Le Dieu aimant descend avec nous dans le mal et la mort, et nous relève à la peine dignité de notre condition humaine, dans une dimension de vie sur laquelle la mort n’a plus prise », explique le diacre Philippe Rohr.

Dans les liturgies originelles, les baptisés commençaient par se déshabiller, se mettant ainsi à nu dans la vérité de leur condition humaine. Ils étaient ensuite plongés trois fois dans l’eau : au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Puis ils étaient mis dans la lumière spirituelle par le geste d’onction d’huile qui faisait briller leur visage – avant d’être revêtus d’un vêtement blanc, dont la symbolique est de « revêtir le Christ », qui nous aide à combattre toute tentation de péché et de mal.

Des relèvements quotidiens

Si la résurrection est avant tout vue comme la vie plus grande que la mort – « Moi je suis le relèvement et la vie. Quiconque me donne sa confiance restera dans la vie éternelle même s’il meurt » (Jean 11, 25) –, un second niveau peut également être perçu. « La résurrection, ce n’est pas qu’après la mort physique. Nous pouvons vivre quotidiennement des relèvements, et des clarifications de notre esprit. Cette dynamique est omniprésente dans la Bible », rappelle Philippe Rohr. « Relève-moi selon ta promesse. » (Psaume 119, 28).

Anne Buloz


Pour aller plus loin:

Pâques ou rien. La Résurrection au coeur du Nouveau Testament, de François Vouga et Jean-François Favre, Ed. Labor et Fides.

Premiers symboles chrétiens, Pierre Prigent, Ed. Olivétan.

Les symboles du christianisme ancien, Ier -VIIe siècle, Gérard-Henry Baudry, Ed. Le Cerf.