« Heureux, qui trouve en Lui son refuge ! » (Psaume 2, 12)

Ce verset à lui seul, de toute évidence, nous remet à l’école de la prière. Car cette Parole est plus qu’une promesse : c’est une Béatitude ; l’énoncé d’une certitude spirituelle, dont le souvenir vient à notre secours, quand nous sommes secoués par les aléas de l’existence – un peu comme les marins se souviennent du port bien protégé qui les attend, alors qu’ils sont en pleine tempête. Avec cette grande différence, toutefois, que le « port d’attache » de notre foi nous est donné DANS la tempête… sans avoir à aller « ailleurs » pour le retrouver.

Telle est la radicalité de cette Parole : « Heureux qui trouve en Lui son refuge », c’est dire, ICI ET MAINTENANT. Heureux celles et ceux qui ne doutent pas de l’engagement du Seigneur « JE SUIS, avec vous, CHAQUE JOUR, jusqu’à la fin de cette ère » (Mt 28,20) – comme déjà Jésus a ouvert l’Évangile en disant : « Revenez à Dieu, car le temps est accompli, et le Règne s’est fait tout proche » (Mc 1,15). Si nous nous sentons parfois bien loin de Dieu… Lui n’est jamais loin de nous ! Et là se trouve la racine de tout élan de prière, même sur notre lit de mort : ne pas douter de Sa Fidélité, ni de Son Amour inconditionnel, pour qui revient à Lui d’un cœur sincère (cf. Dt 4,29).

Le contexte dans lequel ce verset de Psaume nous est donné nous le démontre – puisqu’il est question de « réfléchir » et de faire confiance à Dieu, de peur que sa patience ne s’épuise, et que « ne s’embrase sa colère » ! Autrement dit : quel que soit le moment ; que je me sente « juste » ou « injuste », fidèle ou pécheur ; « vainqueur » ou « vaincu » ; que je me réjouisse ou que je craigne la colère de Dieu, en toutes circonstances, le seul lieu sûr pour notre âme est de rester tournée vers Dieu. Car c’est le propre du Diviseur (diabolos) de tenter de nous détourner de cette relation de confiance inconditionnelle, par tous les moyens possibles – comme son nom l’indique : « dia-ballô » signifiant « venir se mettre entre et jeter au loin ; séparer… ».

Notre simple et humble confiance en Dieu, « 77x perdue », mais « retrouvée 77x 7x » est donc le plus puissant rempart contre tout mal (comme le Psaume suivant va nous le montrer avec une force inégalée).

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Philippe Rohr, diacre & aumônier

21 avril 2022

 

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