« Quand je crie, réponds-moi ! » (Psaume 4,1)

N’est-ce pas l’élan fondamental de ce mystère que l’on nomme « prière » ? Comme une poussée intérieure qui conduit à oser appeler ; une force qui vient faire brèche dans mon propre enfermement, pour confier, pour demander… à un Autre. Dès l’instant où je cède à cet élan qui me tourne vers Dieu, je ne suis plus seul(e) avec ce qui m’arrive : me voici remis(e) face à face, en relation. Même si « ce que j’ai à dire » / à confier / à demander /à crier n’est pas clair, pas bien formulé ; même si l’élan qui m’anime n’est pas pur de visions faussées, voici que j’ai fait ce pas essentiel entre tous : tout venir mettre « en Présence de Dieu ».

Ce petit pas, qui semble minuscule, et qui reste le plus souvent invisible aux yeux du monde, est le pas décisif entre tous; puisque, par cet élan, je confesse de facto mon impuissance… mon incompétence… mon aveuglement… et tout ce qui me traverse ! Je reviens sur un chemin d’humilité, puisque prier c’est au fond reconnaître le besoin vital de Dieu, qui n’attend que notre retour à Lui.

C’est bien ce que nous montre Jésus, lorsqu’il dit : « Toi, quand tu veux prier… entre dans ta pièce la plus intérieure… et prie ton Père, qui est là, dans le lieu secret » (Mt 6,6).

Toujours, Dieu nous précède (relire le Ps 139, 7 à 12), et en réalité, c’est Lui qui appelle, le premier.

C’est Lui qui dit : « Écoute, Israël ! » (Dt 6,4) ; « Revenez à moi, et Je reviendrai à vous » (Za 1,3 ; Ma 3,7) ; « Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2,12); précisant : « J’ai tendu mes mains tous les jours vers un peuple rebelle… » (Es 65,2). « Crier à Dieu » est donc déjà un vrai signe de Sa Grâce en nous. C’est déjà être délivré(e) de l’illusion que « je vais m’en sortir par moi-même ».

Oui, quand le besoin de son secours nous presse, même dans la grande détresse, rendons grâces pour ce don de la prière, et méditons déjà ce qui nous sera dit dans un autre Psaume : « Quand il les frappait de mort, ils le cherchaient ; ils revenaient et se tournaient vers Dieu. Ils se souvenaient que Dieu était leur Rocher ; que le Dieu Très-Haut était leur Libérateur… » (Ps 78, 34-35).

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12 mai 2022

 

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📸 – Jenny Friedrichs / Pixabay