« Ceux qui connaissent ton Nom se confient en Toi,
car jamais Tu n’abandonnes, Seigneur, ceux qui te cherchent » (Psaume 9,11)

Qui pourra « expliquer » ce mouvement intime du cœur humain, qui pousse à se confier à Dieu ? D’où vient cette vraie grâce de désirer se confier à Celui dont il est écrit : « Dieu, personne ne l’a jamais vu ! » (1 Jn 1,18) ? Sachant que le même auteur – l’apôtre Jean – poursuit en disant : « …mais l’Unique engendré du Père, Celui qui est dans son sein, nous l’a fait connaître ».

Sur le chemin qui est le nôtre, dans la foi chrétienne, le Nom de Dieu est Jésus. Et non seulement son Nom, mais son Visage : « il est l’image du Dieu invisible », nous dit l’apôtre Paul (Col 1,15).

Désirant nous tourner vers Dieu, nous pouvons faire confiance au Christ, au témoignage de sa propre vie, et à sa Parole – qui enseignent exactement la même chose : oser se confier au Dieu Vivant, par la prière, en toutes circonstances, avec persévérance – et insistance, même ! – sans jamais laisser son cœur être vaincu par le découragement (cf. par ex. Lc 18, 1ss, 11, 5ss). Et ce verset de Psaume nous donne un encouragement puissant dans cette démarche, en nous certifiant que Dieu n’abandonne jamais celles et ceux qui Le cherchent.

Un enseignement spirituel que la vie même du Christ éclaire, de deux manières :

1) D’abord, de toute évidence, la garantie de cette fidélité absolue de Dieu ne signifie pas que nous échapperons aux accidents, souffrances et autres épreuves de l’existence, mais nous incite à continuer de rester tournés vers le Seigneur, alors même que nous sommes malmenés. Ce que Jésus a fait jusqu’à l’instant de sa mort, sur la croix.

2) Et ensuite, « chercher le Seigneur » et « se confier en Lui » est au fond la même dynamique, qui nous pousse à tout dire, tout confier, tout exposer – même les élans violents qui peuvent nous traverser, car « Dieu est plus grand que notre cœur. » (1 Jn 3,20), et auprès de Lui est le lieu sûr où déposer absolument tout ce qui nous agite. Comme le dit David : « Tombons entre les mains de l’Éternel, car ses compassions sont immenses ; mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes ! » (2 Sam 24,14).

 

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Philippe Rohr, Diacre

22 septembre 2022