EPG Info Eté 2018

Nils Phildius, pasteur

Depuis ma tendre enfance, je me suis senti accompagné par le Christ :  j’ai été plusieurs fois bouleversé en ressentant sa Présence au cœur du silence. Très jeune, j’ai décidé d’en faire le cœur de ma vie et de devenir pasteur pour m’approcher de ce mystère.

 

Durant mes études de théologie, la quantité de paroles ne nourrissait pourtant pas ma faim profonde. Je pressentais que le plus important n’était pas dit, pas vécu, pas rencontré… Il manquait l’expérience. J’ai obtenu le master, et j’ai commencé un ministère en paroisse. J’y ai découvert la force du lien communautaire, et j’y ai vécu des années bénies. Cependant, il y avait toujours une interrogation qui m’habitait : comment parler du « Royaume des Cieux » sans connaître le chemin pour le rejoindre ? Comment parler de la paix du Christ et de l’unification intérieure tout en ressentant à l’intérieur la division du cœur ? J’ai continué à être pasteur jusqu’à ce que la tension intérieure arrive à son comble : j’ai cédé au découragement et j’ai craqué… Burn-out.

Quelques temps avant, j’avais déjà été poussé sur d’autres chemins. J’avais rencontré d’autres pèlerins qui, comme moi, allaient chercher en d’autres contrées, traditions, ce que la voie chrétienne traditionnelle ne leur avait pas offert. J’ai alors vécu des expériences guérissantes – de celles que j’attendais tant. J’ai fait des rencontres bénies, avec des Vivants d’une qualité humaine inouïe et qui vivent l’unification de leur être. Grâce à leur aide, j’ai pu commencer à poser un pas, puis un autre, en cette terre promise, en ce Royaume dont Jésus enseigne le chemin.

La Parole s’est faite chair dans ma vie. J’ai compris ce que veut dire « changer de comportement », c’est-à-dire « faire retour » au-dedans de soi. J’ai compris qu’il fallait passer par des résistances intérieures, les traverser, oser se rencontrer face à face, mourir sans cesse à son moi égotique, renaître pour finalement retrouver la joie vive…

J’ai aussi compris pourquoi Jésus disait « Ils ont des yeux et ils ne voient pas ; ils ont des oreilles et ils n’entendent pas »… L’Occident a fait du Ressuscité un simple porteur de valeurs humanistes. De son enseignement sur les moyens de se libérer, de s’éveiller, de ressusciter, il a fait une religion avec des règlements, des lois, des dogmes. Bref : là où le Christ était venu apporter la liberté, on a fait une prison supplémentaire.

Je le sais maintenant : la parole d’un Vivant comme Jésus ne peut pas être comprise et transmise comme un contenu à apprendre, à comprendre. Elle doit être vécue d’abord jusqu’au fond de ses tripes. Et elle ne peut être portée que par celui ou celle qui vit quotidiennement de cette Présence intérieure. « Ne le cherchez pas ici ou là : le Royaume est là, au-dedans de vous ». Il faut l’avoir expérimenté pour comprendre que Jésus parle de cet espace intime de l’être où le divin et l’humain ne sont qu’un… « Le Père et moi ne faisons qu’un… » (Jean 10, 30). Tant qu’on ne l’a pas vécu, on ne peut le comprendre.

Aujourd’hui, après des années passées à tenter de m’approcher de Dieu, je peux le dire : j’ai enfin pu goûter à ce Royaume. Découvrir que oui, il est proche. J’ai enfin goûté de première main à cette terre promise. Je redécouvre chaque jour les paroles du Christ. Je me dis à chaque fois « Waow ! C’était donc ça qu’il voulait dire ! » et je mesure à quel point ses mots ont été précis, et à quel point son enseignement est concret, vivant, libérant. Comme si mes yeux et mes oreilles s’étaient enfin ouverts…

Nils Phildius, pasteur

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