La méditation un chemin vers la prière

La méditation connaît un succès retentissant. Un phénomène de mode qui touche même les églises protestantes de Genève ! L’Espace Fusterie accueille chaque lundi la Communauté mondiale de méditation chrétienne, le temple de la Madeleine, les Ateliers de spiritualité chrétienne axés autour de la méditation. Espace Saint-Luc, temple de la Servette, cathédrale Saint-Pierre : l’amateur de méditation sous ses formes les plus diverses trouvera chaussure à son pied.

Le retour de la méditation dans les églises n’est en vérité que la réappropriation d’un patrimoine très ancien. Cette tradition fut d’abord féconde avec les pères du désert, ainsi que dans l’orthodoxie, puis à travers la tradition monastique sous la forme de l’oraison silencieuse, et finalement au XVIIe siècle, avec des personnalités telles que Madame Guyon. Elle est ensuite tombée dans l’oubli.

Aujourd’hui, malgré ces racines chrétiennes, la pratique méditative est associée à l’Orient et au bouddhisme, perçus comme plus contemplatifs que l’Occident. Fabrice Midal, fondateur de l’Ecole occidentale de méditation et invité de notre dossier, le rappelle : « Une des missions du bouddhisme aura été d’aider nombre de chrétiens à redécouvrir leur propre tradition. » En tant que chrétien, que pouvons-nous apprendre du retour de cette pratique ancestrale ?

A travers une posture immobile et silencieuse, la méditation consiste principalement à fixer son attention sur le moment présent tel qu’il est, sans jugement. « Elle permet d’entrer dans un mode d’ouverture et de réception plutôt que de contrôle et de domination », précise Fabrice Midal. Dans une société qui valorise l’efficacité, le travail et le résultat à tout prix, elle offre un réel espace de gratuité sans but immédiat.

La prière, parfois contaminée elle aussi par l’esprit de notre temps, a besoin de renouer avec certains aspects de cet enseignement. Nous sommes souvent tentés d’instrumentaliser Dieu, de le mettre au service de nos demandes dans l’espoir d’un résultat, d’une solution magique. Mais un rapport vrai au divin n’aurait-il pas tout à gagner d’un esprit débarrassé des attentes immédiates pour se laisser habiter par la simple présence de Dieu, par son imprévu, pour le laisser donner sa propre réponse ?

« Le vent souffle où il veut ; tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va » (Jean, 3, 8). La méditation chrétienne est une invitation à entrer dans un espace de silence et de gratuité. Elle devient une prière pour écouter le souffle de Dieu.

Elise Perrier (Rédactrice en chef de la Vie protestante)
⇒ Source : Édito de la Vie protestante (avril 2015)

Pour en savoir plus, lisez le dossier spécial dédié à la méditation chrétienne.
⇒ Dossier de La Vie protestante | avril 2015