EPG Info – Octobre 2017
Par Alexandra Deruaz

Depuis un peu plus d’un an, j’ai choisi de devenir une touriste religieuse ! Bien sûr, dit comme cela, c’est négatif… Et pourtant, au gré de rencontres et du hasard, j’ai considéré que de m’ouvrir à de nouvelles expériences était une richesse. Pour mieux revenir à l’EPG, enrichie de pratiques autres, en vue de participer à mon niveau au fameux changement de paradigme : passer d’une Eglise installée à une Eglise de témoins. Il y a de nombreuses Eglises, y compris des paroisses au sein d’Eglises installées, qui y sont parvenues, c’est encourageant.

J’invite d’ailleurs chaque lecteur à me signaler une expérience qui l’aurait marqué, à Genève ou ailleurs, et qui souhaiterait la partager dans cette newsletter.

Revenons donc au tourisme. Mes deux principes : pas plus de 2h. de route (d’ailleurs, on peut même être touriste à Genève…) ; toujours embarquer ma fille avec moi.

Avril 2017 : j’apprends l’existence d’un festival catholique pour les 15-25 ans à Fully. Ma fille a 10 ans, j’en ai 45, on n’est pas catholique, on est complément hors clou, peu importe cap sur le Valais.

Une Eglise avait retenu mon attention sur les réseaux sociaux : l’Eglise Lyon Centre. Super, elle vient se présenter à Fully avant un grand concert de louange pop par le groupe Glorious qui anime les messes de Lyon centre chaque dimanche soir.

Deux responsables de cette Eglise (une paroisse en fait) viennent nous présenter comment ils se sont implantés. Il y a 8 ans, le cardinal Barbarin repère quelques jeunes qui font de la louange dans une chapelle. Il leur propose de s’installer dans une paroisse en fort déclin à l’Eglise Ste Blandine, derrière la gare.

Tout commence en posant une vision, comme l’Eglise protestante de Genève l’a fait à Montmirail. La leur est la suivante :

Mener les gens à Dieu par la louange ; les aider à progresser dans la foi ; pour qu’ils influencent leur environnement. 

Ce qui me frappe d’emblée : les « présentateurs » sont rayonnants ! Jésus a transformé leur vie et ça se voit sur leur visage. Ils y croient à fond et le montrent. Et nous encourage à foncer : « si vous avez un projet fou qui vous semble impossible, allez-y, Dieu est ambitieux ! » Et à soigner particulièrement l’accueil (café, viennoiseries) avant la messe : « c’est presque plus important que la messe elle-même », constatent-ils humblement. Les gens ont besoin de contacts, ils ont besoin de déposer les choses du quotidien, pour être plus en paix pour accueillir ensuite le message de Dieu.

Ma fille et moi sommes séduites, direction Lyon cette fois, pour voir en vrai.

18.30 : on arrive pile à l’heure. Mais… plus aucune place disponible. Face à l’affluence la paroisse a construit une mezzanine de 200 places pour pouvoir accueillir environ 800 personnes. Et pourtant cela ne suffit pas. Tant pis, on sera assises par terre au fond de l’Eglise, comme des dizaines d’autres personnes d’ailleurs.

L’Eglise, grande et jolie bâtisse XIXe, est restée dans son jus mais agrémentée d’un écran géant pour les chants et d’une estrade pour les musiciens.

Ce qui me frappe : contrairement à certaines Eglises, notamment évangéliques qui « cartonnent », il n’y a pas que des jeunes. La foule est très bigarrée : jeunes, familles, personnes âgées. Une grande et belle ferveur règne.

Deuxième surprise : la messe est liturgiquement classique. Ma fille râle.

Mais la présence du groupe pop Glorious produit un cocktail classique-moderne très réussi. Spontanément, tout le monde se prend la main pour entonner un Notre Père puissant (qui, en France, ne nous laisse pas entrer en tentation !).

Entre les 2 voyages, un total de 8h de voiture, deux nuits d’hôtel, et qu’est-ce que nous en retenons ?

  • Être habité par le bonheur de croire et le montrer est contagieux et fait envie
  • Rien n’est impossible
  • Se fixer des priorités (en l’occurrence pour Lyon centre la louange) et s’y tenir
  • Renouveler les chants pour atteindre un public plus large
  • La qualité de l’accueil, en particulier avant l’office, est important