Les Autorités de l’Eglise, entre tradition et renouveau

Certaines instances constituant les autorités de l’Eglise protestante de Genève émanent de Jean Calvin. D’autres se sont transformées au cours des siècles. D’autres enfin ont été créées afin de rendre l’Eglise plus performante et plus proche des fidèles. Actuellement les trois autorités de l’Eglise sont :

  • Le Consistoire
  • Les Conseils de paroisse et de ministère cantonal constitué en association
  • La Compagnie des pasteurs et des diacres.

 

Le Consistoire

Le Consistoire de Genève fut institué le 20 novembre 1541 par les ordonnances ecclésiastique inspirées par Jean Calvin. Il était à l’époque composé des pasteurs et de 12 Anciens (des laïcs). Sa mission première? L’application de la discipline ecclésiastique.

Le Consistoire n’a pas toujours eu bonne presse. A l’époque de Jean Calvin, les ordonnances visant à interdire les jeux et à promouvoir des règles de vie jugées sévères étaient redoutées. Aujourd’hui, sa mission principale est de « veiller à la proclamation de l’Evangile de Jésus-Christ et au maintien de l’unité de l’Eglise ».

Parmi ses principales attributions:

  • il définit les grandes orientations du projet ecclésial que met en œuvre la Direction
  • il se prononce sur la politique générale de l’Eglise (ressources humaines, formation, immobilier, finances, communication)
  • il se prononce sur le budget et les comptes
  • il se prononce sur des propositions stratégiques présentées par les différents lieux de l’Eglise
  • il élabore et modifie la Constitution et les Règlements de l’Eglise.

Le Consistoire est constitué des représentants des paroisses, des Services, des pastorales, de la Faculté de théologie, de la Compagnie des pasteurs et des diacres ainsi que des membres du Conseil du Consistoire.

 

Le Conseil du Consistoire (CC) est, quant à lui, son instance stratégique. Il est composé d’au moins 6 personnes, membres de l’Eglise, dont une majorité de laïques. Le modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres y siège également avec voix délibérative.

Parmi ses missions essentielles, le CC soumet au Consistoire les questions qui relèvent de la gestion stratégique de l’Eglise, notamment:

  • la vie de l’Eglise et sa mission, notamment dans les domaines de l’accompagnement, de la solidarité, de la transmission
  • la gestion des ressources humaines, la formation, la gestion immobilière et financière et la communication.

Par ailleurs, le Conseil du Consistoire est chargé:

  • d’assurer la haute surveillance de la Direction et de veiller à la bonne exécution des décision du Consistoire
  • de représenter officiellement l’EPG.

 

Les Conseils

Conseil de paroisse

La création de Conseils des anciens, devenus Conseils de paroisse, est jugée, au début du XXe siècle, comme « un moyen excellent d’intéresser le troupeau à l’activité de l’Eglise ». La décision ne fut mise en place qu’à partir de 1907, date à laquelle l’Eglise et l’Etat furent séparés. Il fut alors décidé que les « anciens » accompagneraient les pasteurs dans leur travail pastoral.

Dans les années 1940, le Consistoire décide d’accueillir un délégué de chaque paroisse. C’est également à cette époque que se mettent en place les premières Assemblées de paroisse, et que celles-ci reçoivent le droit d’usage des temples et biens curiaux de l’Eglise.

La Création des Conseils de paroisse est une conséquence normale de la démocratisation de l’institution ecclésiastique. Il faut souligner que les Conseils de paroisse sont ouverts aux femmes depuis 1910 et aux étrangers depuis 1950.

Les Conseils de paroisse se composent au minimum de 7 membres. Sous réserve des attributions du Consistoire, le Conseil est l’autorité responsable de la paroisse. Leur mission: collaborer avec les ministres à la proclamation de l’Evangile et veiller avec eux à l’unité de la paroisse; représenter la paroisse; gérer ses biens; préparer les assemblées générales.

 

Conseil de Services

Dans les Trente Glorieuses, Genève a connu une fort développement. Avec l’augmentation démographique du canton et le développement de zones géographiques sont apparues également des tendances plus sociales au sein de l’Eglise. Sont ainsi créés et renforcés de nombreux ministères tels que celui des prisons et de l’Hôpital cantonal. Le Centre social protestant (CSP), l’Animation Jeunesse de l’Eglise protestante de Genève (AJEG), mais aussi l’Office protestant de consultations conjugales et familiales (OPCCF).

Le Conseil de Service est formé au minimum de 5 membres dont un ministre représentant la pastorale, en principe le responsable de Service.

Dans les années 60, l’EPG a connu une baisse de fréquentation des lieux de culte ainsi que des dons des protestants. Pour faire face à cette crise, l’Eglise s’est lancée dans des réformes d’envergure notamment la création d’un réseau de paroisses regroupées en Régions (Arve & Lac, Jura-Lac, Plateau-Champagne, Rhône-Mandement, Salève, Centre-Ville Rive gauche et Centre-Ville Rive droite) ainsi que la création de l’Assemblée des Services.

L’EPG est ainsi organisée en Régions avec ses paroisses, et en Services qui gèrent la présence cantonale de l’EPG (catéchisme, formation d’adultes, etc.).

 

La Compagnie des pasteurs et des diacres

Cette institution remonte à l’époque de Jean Calvin : « Pour conserver la pureté et la concorde de doctrine, tous les ministres doivent convenir ensemble d’un certain jour de la semaine pour avoir conférence des écritures dont nul n’est dispensé sans excuse », avait décrété le Réformateur.

Ce n’est qu’au XIXe siècle que la Compagnie des pasteurs perdra de son pouvoir au sein de la société civile.

La Compagnie des pasteurs et des diacres reste toutefois une pièce maîtresse dans l’organisation de l’Eglise protestante de Genève, puisqu’elle réunit tous les ministres dans un but de formation permanente, de soutien mutuel et de réflexion sur des questions touchant l’exercice du ministère et la vie de l’Eglise.

Le modérateur ou la modératrice préside la Compagnie des pasteurs et la représente. Il-elle est membre du Conseil du Consistoire (avec voix délibérative) et préside l’Assemblée de l’Eglise.