L’EPG se mue en Eglise de témoins

2013 a été marquée par les conclusions de la Commission d’étude « Vision et priorités de la mission », mandatée par le Consistoire et composée de représentants, laïques et ministres, de tous les lieux de notre Eglise.

Sur la base de la large consultation préalable commencée en 2010, la Commission a travaillé lors d’une retraite à Montmirail (Neuchâtel) à l’Ascension 2013. Présenté aux consistoriaux en juin 2013, son rapport, incluant une proposition de vision, a soulevé une vague d’enthousiasme par le souffle de ses propositions novatrices.

En traduction de la Vision, le Consistoire (Assemblée synodale) a pris 3 engagements forts :
• Développer la spiritualité chrétienne, éclairée par les Ecritures, dans sa compréhension réformée et favoriser le témoignage.
• Aller à la rencontre de tous.
• Revisiter et diversifier les manières de célébrer le culte.

Des propositions concrètes ont ensuite été adoptées sur neuf thèmes, soit :
• La mission et l’Eglise dans un contexte urbain
• Le culte
• Les Services
• Une structure consolidée
• La communication
• La mission auprès des 20 – 30 ans
• La question du membre
• La théologie des ministères
• Les finances

Les 3 pivots des changements en cours

  • L’Eglise protestante de Genève s’attache à décloisonner les entités qui la composent

Cela signifie des collaborations accrues entre équipes, que ce soit entre paroisses d’une même Région, entre Régions et ministères spécialisés ( aumôneries œcuméniques hospitalières, pénitentiaires et auprès des requérants d’asile notamment ).

Fait notable, dès septembre 2014 les postes de pasteurs et de diacres sont attribués non aux paroisses directement mais aux Régions ; chaque bureau de Région a la charge d’affecter, en dialogue avec les paroisses et la pastorale des ministres, les ressources de manière optimale.

Le décloisonnement vise à partager les compétences et les expériences afin d’ouvrir les communautés les unes aux autres. La vie communautaire de proximité s’articulera ainsi avec certaines activités portées au niveau de la Région, tandis que d’autres vont être développées dans certaines paroisses et ouvertes au voisinage. Ce décloisonnement implique une nécessaire réorganisation et une simplification des structures actuelles.

  • Les projets novateurs étaient au cœur des propositions de la Commission « vision et priorités de la mission »

Plusieurs ont été validés par le Consistoire et sont en cours d’élaboration : Comment atteindre la population des 20 – 30 ans ? Comment assurer une présence dans les nouveaux quartiers ? Comment assurer des lieux de spiritualité en centre-ville ? Plusieurs groupes de travail s’y attellent et présenteront leurs conclusions en 2015. Un projet phare est, par exemple, la création d’un lieu de prière continue en ville qui a vu le jour à l’automne 2014 au temple de la Madeleine.

L’Eglise ressent aussi le besoin de procéder à ses « assises du culte ». La forme des cultes peut parfois sembler figée. Il est donc important de réfléchir ensemble aux différentes formes de culte possibles ; ce qui suscite l’adhésion des uns ne sied pas forcément aux autres.

Voilà pourquoi le Consistoire a chargé la Compagnie des pasteurs et des diacres de préparer un temps fort en Eglise en vue de développer et de valoriser diverses formes de cultes, déjà présentes pour beaucoup au sein de l’Eglise, comme le culte cantate, ou encore les cultes des familles, les cultes témoignage, les cultes lumière, les recueillements à la manière de Taizé, les cultes partage, etc.

  • En février 2013, préoccupé par l’état des finances de l’Eglise, le Conseil du Consistoire a présenté un plan de redressement financier drastique

Ce plan, qui vise l’équilibre des comptes à échéance 2020, prévoit le gel des engagements et le non-renouvellement des départs à la retraite. Plutôt que de vivre une lente adaptation, le Consistoire a, sur cette base, adopté une posture volontariste : dès la rentrée de septembre 2014, l’Eglise protestante de Genève s’organise déjà avec les forces qui seront les siennes à l’issue du plan de redressement en 2020. A cette date, l’Eglise comptera 40 postes équivalents plein-temps de pasteurs et diacres, contre 55 fin 2014.

Les postes en sus, soit quelque 15 postes équivalents plein-temps, permettent dès septembre d’aménager des postes d’appui, soit pour organiser la transition, soit pour initier des projets novateurs.

L’objectif du Conseil du Consistoire est désormais de conduire, dans le dialogue, la mise en œuvre de ces décisions.
Il est important que le souffle et l’enthousiasme du rapport de Montmirail puissent continuer d’animer l’Eglise protestante de Genève, en dépit du principe de réalité auquel elle est inévitablement confrontée.