Un patrimoine à valoriser

 

L’Eglise protestante de Genève et deux fondations, la Fondation des Clés de Saint-Pierre et la Fondation des temples d’avant 1907, entretiennent 67 bâtiments, y compris la cathédrale et des lieux accueillant les camps de jeunes ou d’autres activités (presbytères, temples, salles).

Immo-lien-illust-immo-region-pc-pointCe sont les dons et contributions qui permettent d’entretenir les biens de l’Eglise, dont la plupart sont inaliénables (l’EPG a l’interdiction de les vendre d’après la loi sur les biens d’avant 1907).

Etant donné la conjoncture et le plan de redressement ambitieux, l’EPG se doit de repenser sa stratégie immobilière. Le défi étant de respecter le plan mis en place jusqu’en 2020, tout en assurant l’entretien des temples, presbytères, et autres bâtiments. Des grands axes de travail ont été mis en place pour y parvenir.

Développer des objets de rendement

Bien qu’en diminution, un certain nombre de biens sont susceptibles d’être valorisés. Toutefois, cela suppose en général un changement d’affectation, exigeant une pesée d’intérêts. De nombreux projets ont été lancés, par exemple :

  • Presbytère de Céligny, jouissant d’une magnifique vue sur le lac : en accord avec la paroisse, il a été décidé d’apporter quelques améliorations à cette demeure pour la mettre en location comme bien de prestige dès l’été 2014.
  • Centre de rencontre à Cartigny : le centre a perdu sa vocation au fil des ans. Malgré une reconversion dès 2005 en hôtel offrant des espaces de séminaires, l’équilibre financier apparaissait hors de portée. Après l’étude de différentes options, il a été décidé de transformer cette large bâtisse en logements destinés à la location, constituant un revenu supplémentaire pour l’EPG dès 2016.
  • Maison de paroisse de Petit-Lancy : en partenariat avec la paroisse, le remplacement de la maison de paroisse par un immeuble comprenant plusieurs affectations est en cours. L’autorisation préalable a été accordée, mais fait l’objet de recours.
  • Projets à long terme : d’autres projets à plus long terme, certains d’envergure comme celui de Châtelaine, sont à l’étude.

Vendre par nécessité

Le sauvetage du fonds de pension est onéreux. Sur les cinq premières années, l’EPG doit trouver CHF 8 millions, puis 5 autres étalés sur dix ans. De plus, ayant décidé de ne pas licencier, elle doit également financer le déficit jusqu’à ce que l’équilibre des comptes soit atteint. C’est encore une dizaine de millions nécessaires. En responsabilité, l’Eglise protestante est contrainte de vendre pour faire face à ces obligations.

Dans ce contexte, deux ventes ont été réalisées : un terrain à Malagnou a permis de financer le déficit 2012-2013 ; et une montée d’immeuble à Saint-Jean, grevée de lourdes hypothèques, a généré CHF 3,1 millions nets entièrement attribués au fonds de pension.

Optimiser l’existant

Une multitude de places de parc (plus de 50) n’étaient de loin pas louées au prix du marché, sans bonne raison. Une revue rigoureuse a porté des fruits immédiats : CHF 50 000 supplémentaires de recettes annuelles.

Améliorer le rendement énergétique

Une part considérable du budget des paroisses va au chauffage des lieux de culte et presbytères dont l’isolation laisse à désirer. D’autre part, la loi impose au propriétaire (l’EPG !) de prendre des mesures. Notre effort a porté sur les projets suivants :

  • plusieurs renouvellements de chaudières ont apporté des économies d’énergie immédiates,
  • un audit de tous nos bâtiments cultuels a été effectué pour recueillir les indices de dépenses énergétiques,
  • la paroisse de Plan-les-Ouates a entrepris une rénovation courageuse comprenant une isolation complète de ses lieux paroissiaux, et dans un bel élan a réussi à réunir les fonds nécessaires.

Redéfinir l’infrastructure nécessaire

Les temples et presbytères sont des témoignages historiques et architecturaux qui font partie du patrimoine genevois. Au-delà du cercle protestant, beaucoup de citoyens y sont très attachés.

A l’inverse, le nombre de paroissiens diminue. La question du nombre de lieux nécessaires à la mission et celle de leur affectation pour l’avenir se posent. Ce d’autant plus que l’une des priorités de l’EPG est de sortir de ses temples pour aller à la rencontre des personnes.

Une réflexion menée en partenariat avec les Régions et leurs responsables sera essentielle, en revoyant les besoins et les priorités. Cela implique d’avoir au préalable défini un projet de mission dans la Région. Ce travail de réflexion et de mise en priorité des bâtiments va exiger une faculté de se projeter en avant en imaginant l’Eglise du futur, et un esprit d’ouverture par rapport aux changements qui devront être effectués.

Tout cela en tenant compte d’une contrainte (ou garde-fou, c’est selon) : la loi offre peu de latitude à l’Eglise pour des changements d’affectation. Le dialogue avec l’Etat est noué et sera poursuivi pour trouver un équilibre entre utilisation, préservation du patrimoine et réalité économique.

Temples d’avant 1907

L’entretien et la rénovation de ces temples ont été confiés à la Fondation pour la conservation des temples construits avant 1907, sur une idée de l’ancien conseiller d’Etat Jacques Vernet.

Malheureusement, les ressources de cette dernière se sont amenuisées au fil des années. Si elle a pu mener à bien la restauration intérieure de l’Auditoire Calvin (maintenant beaucoup plus clair), elle peine à réunir les fonds nécessaires pour des rénovations d’importance. Celles des temples de la Fusterie et de la Madeleine par exemple sont devisées à CHF 7 millions chacune.

Pour éviter l’impasse, la Fondation doit réfléchir à une formule nouvelle pour faire face à ses devoirs. Celle-ci passe par une coopération soutenue avec l’Etat et les communes pour retrouver un souffle.

La stratégie immobilière de l’EPG offre des défis considérables qu’il faut aborder de manière ouverte et courageuse, en ne craignant pas des formules et des partenariats innovants.