EPG Info – Mai 2018

 

Par Espoir Adadzi

 

Photo Alain Grosclaude

« Dieu ! scrute-moi et connais mon cœur ; éprouve-moi et connais mes soucis. Vois donc si je prends le chemin périlleux, et conduis-moi sur le chemin de toujours. » Ps 139, 23-24.

Le témoignage que je livre dans ces lignes qui suivent, rejoint cette prière dite par le psalmiste.

Il convient de noter qu’il n’est pas aisé de raconter une expérience de foi vécue en Afrique avec ses cohortes d’images et de réalités que je suis appelé à rendre compréhensibles et digestes aux lectrices et lecteurs étrangers (ères) au contexte africain. Néanmoins je me permets de partager avec vous, un des témoignages qui renvoie à l’époque où balbutiait encore ma vocation.

Il s’agit d’un évènement qui remonte aux années nonante, où la concordance entre la volonté de Dieu et ma détermination d’embrasser son ministère s’est révélée. Je ne saurai vous dire avec exactitude, comment cela est arrivé. Par contre, ce qui est certain, c’est que j’ai reçu l’appel du Seigneur ; un appel auquel j’ai répondu favorablement au moment opportun.

Très jeune, j’avais un penchant pour le ministère au service du Christ et de la communauté chrétienne. Cet élan me poussa à intégrer les groupes de réflexion biblique et chorales dont l’Association Chrétienne des Elèves et Etudiants du Togo (ACEET), les Eclaireurs et Eclaireuses Unionistes (EEU), le groupe d’étude Zion… J’ai été très conforté et soutenu dans cette conviction par notre diacre qui, quoi que n’ayant pas fait de hautes études théologiques vivais une vie exemplaire très appréciée. Avec nos échanges, ma vision et conviction de coupler un ministère diaconal avec une activité agropastorale devenaient claires. Il s’agirait d’une vie qui s’apparenterait au projet de Dieu pour Adam et Eve dans le jardin d’Eden. Pour moi c’est le dessein idéal de Dieu pour l’humanité.

Avec l’épître aux Hébreux 3,7 : « Aujourd’hui si vous entendez sa voix n’endurcissez pas votre cœur », je trouvais qu’il était temps d’arrêter de procrastiner. Cependant, j’ai souvent été rebuté dans la mise en œuvre de ce projet par mon père, un Presbytérien invétéré, pour qui les études passent avant toute chose, y compris le ministère de Dieu. Il m’arrivait de penser que mes parents constituaient un obstacle à la réalisation du dessein de Dieu dans ma vie. Parfois, on se ferme dans nos convictions croyant que notre entourage a forcément tort. Il se peut que ça soit le cas ; mais pas toujours. Bénéficiant d’une liberté plus ou moins grande, j’ai pu finalement décider de mettre en exécution mon projet dont j’étais persuadé qu’il venait directement de Dieu.

C’est alors que, j’ai entrepris une tournée d’évangélisation avec un groupe de ‘‘Full Gospel’’. Mon premier voyage avec cette équipe fut un programme d’évangélisation à Ahlon, un village situé à 200 Km au nord-ouest de la capitale(Lomé). Pour être plus précis, les vingt derniers kilomètres qui mènent à ce village n’ont rien à envier au Col de Grimsel dans les Alpes suisses, dont on vante souvent la dangerosité. Par l’imprudence du conducteur, notre mini bus a été dérouté et nous nous sommes retrouvés dans un ravin. Secourus, nous en sommes sortis indemnes. Nous n’avions pas pour autant abandonné puisque le lendemain, la bonne nouvelle a été annoncée.

Une autre fois, dans la poursuite de la réalisation de ma vision, j’ai décidé d’effectuer un autre voyage de formation agropastorale avec mon ami Nestor du même groupe biblique. C’est ainsi qu’au matin du 10 août 1990, alors que l’aurore se pointait avec ses rayons étincelants pour repousser l’obscurité de la nuit, nous prenions le train pour Notsé, une localité située à près de 100 kilomètres de la capitale Lomé. Tout allait bien jusqu’au moment où, pour une raison inconnue, le train dérailla subitement à l’entrée d’un village. La locomotive se détacha des voitures qui se renversèrent. Une fois encore, nous en sommes sortis sans égratignures. Dieu ne nous a-t-il pas sauvés parce que nous étions à son service ? De retour à la maison, j’ai voulu rendre grâce à Dieu avec le texte du jour du lectionnaire : Luc 23,50-56. Le premier verset disait : « Il y avait un homme nommé Joseph d’Arimathée, il n’est pas en accord avec leur dessein… ». Sans plus continuer la lecture et les paroles d’action de grâce, tout confus et brisé, je me suis laissé emporter par le sommeil.

Au réveil, plusieurs questions me taraudaient l’esprit : Était-ce une épreuve de foi ? Fallait -il abandonner ? Dieu n’a-t-il pas d’autres moyens pour nous communiquer sa volonté ? Fallait-il qu’il passe par une situation pareille pour nous parler ? Comment distinguer notre dialogue intérieur de la volonté de Dieu ?  Le temps de Dieu n’est -il pas le meilleur ?

J’ai appris à travers cette expérience à faire une lecture positive des évènements. Non pas celle fataliste, mais celle qui me permet de prendre la vie du bon côté. J’ai poursuivi mes études jusqu’à l’université et ensuite à la faculté de théologie. Le dessein de Dieu pour nous finit toujours par se réaliser.

Dieu peut manifester sa volonté à travers un accident, la maladie, la perte d’un être cher ou d’un objet précieux…