L’éveil des émotions comme témoignage de foi

Sarah Stewart-Kroeker – 13.09.2017, Musée de la Réforme (télécharger la version PDF)

En 1543, Calvin écrit une préface au Psautier – la première édition de la traduction des psaumes par Clément Marot. Dans cette préface, Calvin explique la valeur du chant des psaumes dans le culte réformé. Ce petit texte, relativement peu connu de nos jours, a néanmoins été largement diffusé et eut une grande influence sur la dévotion réformée1. Pour Calvin, avoir « bonne affection envers Dieu » est un « mouvement vif, procédant du Saint Esprit, quand le cœur est droitement touché, et l’entendement illuminé »2.

L’accent sur l’entendement rejoint une critique du culte latin, qui fait justification de la traduction des psaumes en français3. Mais notons bien que Calvin maintient l’importance de toucher le cœur autant que d’illuminer l’entendement, et c’est sur ce point que je vais m’attarder ce soir. Pourquoi est-ce important ? D’une part, cela permet de nuancer les caricatures qui sont malheureusement souvent faites de l’église réformée : qu’elle est austère, étouffante vis-à-vis de l’émotion et de l’imagination. Comme le dit Christian Grosse, on peut résumer la caricature ainsi : « Dépourvue de véritable dispositif rituel et iconographique susceptible de contribuer à l’éveil des émotions, la religion réformée, fondée sur la sola scriptura, aurait opposé à l’imagination et à la sensibilité la rigueur du commentaire suivi de la parole divine par le sermon » 4. Mais dans la préface au Psautier de Calvin, on voit qu’il encourage vivement le chant des Psaumes, précisément parce que la musique a le pouvoir d’émouvoir.

Le chant, comme Calvin le dit, « a grande force et vigueur d’émouvoir et enflammer le cœur des hommes, pour invoquer et louer Dieu d’un zèle plus véhément et ardent »5 . D’une part, cette affirmation permet de nuancer l’image de l’Église de Calvin en notant l’accent mis sur l’éveil des émotions à travers la musique6 . Mais d’autre part, et de manière plus large, l’accent mis sur l’éveil des émotions est important parce que c’est un point central mais souvent négligé d’une discussion de la vie éthique.

En effet, les Psaumes occupent une place importante dans la dévotion non seulement réformée mais de longue date dans l’église chrétienne. On peut le remarquer dans le fait que Calvin fait appel à plusieurs reprises dans cette petite préface à saint Augustin, qui est l’un des seuls penseurs antérieurs à Calvin qui y figure. Saint Augustin, père de l’église primitive, a passé trente ans de sa vie à écrire des sermons et des commentaires sur les psaumes. C’est une œuvre vaste, très influente, et d’une immense richesse spirituelle. En écrivant à son tour ses commentaires sur les psaumes Calvin s’inscrit dans cet héritage, tout comme Luther et Erasme avant lui7 .

Pour saint Augustin, les psaumes sont d’une importance particulière précisément pour exprimer des émotions variées. Les psaumes offrent une « thérapie affective »8, car que ce soit pour la joie ou le chagrin, les psaumes libèrent une véritable effusion du cœur humain envers Dieu. En cela, ils sont un modèle de la vie affective. Calvin reprend cette position dans sa préface à ses commentaires sur les psaumes, en appelant le livre des psaumes « une anatomie de toutes les parties de l’âme » parce que toutes les affections y sont représentées, comme dans un miroir 9.

Pour Calvin ainsi qu’Augustin, nous avons besoin d’orienter nos cœurs vers Dieu, car les émotions peuvent aussi bien nous détourner de Dieu que nous en rapprocher. Si la musique peut enflammer le cœur pour Dieu, elle peut également enflammer la chair pour les « allèchements du monde »10. Dans la préface au Psautier, Calvin met en avant le chant des psaumes par rapport au chant profane précisément parce que ce dernier risque de pervertir le cœur et de mal orienter les émotions. En exprimant ses émotions à travers les psaumes, par contre, le croyant s’oriente vers Dieu – même si c’est en éprouvant de la colère ou du désespoir.

Calvin commence alors en dressant un contraste entre la musique faite pour réjouir les gens à table et le chant des psaumes à l’église. On pourrait y voir un contraste trop prononcé entre la vie quotidienne et la vie de l’église. Mais vu que ce chant des psaumes peut transformer le cœur, Calvin affirme que ses effets s’étendent bien plus loin. Celui qui s’habitue à chanter les psaumes les confie à sa mémoire, et donc pourra les chanter sans cesse11. Celui-ci emporte les psaumes avec lui par le monde, dans sa vie quotidienne, à la fois dans la mémoire (l’entendement) et à travers la transformation de son cœur.

Voici le point que j’aimerais souligner : pour Augustin comme pour Calvin, les psaumes peuvent s’inscrire sur le cœur de manière à imprégner la vie quotidienne. De cette manière, les psaumes sont à la base d’un témoignage de foi. C’est un témoignage à la fois subtil et fondamental, car cela porte sur les dispositions. Quand on parle de dispositions, on parle d’une orientation de soi. Cette orientation porte à la fois sur la manière dont on perçoit le monde, et la manière dont on y réagit.

Prenons un exemple. Dans le commentaire sur le psaume 37, Calvin discute des tentations affectives qui se présentent lorsqu’on observe la prospérité des méchants. Il est facile de conclure, face à cela, écrit-il, que Dieu ne se soucie nullement de ce qui se fait au monde12. Il est également tentant de suivre l’exemple apparemment donné par ces méchants, c’est-à-dire, de chercher la prospérité en imitant la méchanceté13. Il est tentant de conspirer à la méchanceté par attrait pour la prospérité du méchant. Calvin avertit donc contre le danger de certaines réactions affectives : le désespoir, ou alors l’avidité.

Pour répondre à ces tentations affectives, Calvin se met à redéfinir l’objet du désir. Il tente de changer la manière dont on perçoit la prospérité. Calvin écrit qu’il n’y a rien de meilleur, rien plus désirable, que d’être maintenu sous la sauvegarde de Dieu14. Si Dieu est l’auteur de tout bien, dit Calvin, il ne faut attendre aucune prospérité que de sa seule bénédiction15. Mais Calvin admet qu’il est bien difficile de maintenir sa foi quand on habite un monde où on peut souffrir de malheurs, de peines, de bouleversements inattendus16. C’est vrai, dit-il, que nous sommes des voyageurs sans foyer en ce monde, ce qui implique une certaine vulnérabilité. Mais en tendant la main au Seigneur, on reçoit une vie de sureté et de repos, sans trouble, sans chagrin17. Par contraste, dit-il, la bonne fortune des méchants n’est qu’un masque, un fantasme18.

Quand la colère et l’indignation risque de s’allumer dans le cœur à la vue de la fortune des méchants, Calvin dit que le roi David nous exhorte à l’espérance et à la patience19. Pour Calvin, le fait de pouvoir maintenir cette espérance et cette patience parmi les afflictions relève de la foi, et surtout de la confiance dans la providence. On voit donc que la vie affective n’est pas isolée de la théologie : le cœur n’est pas détaché de l’intelligence. Cette affirmation reflète le traitement que Calvin réserve aux psaumes dans sa préface. On peut voir également que cela rejoint son argument en faveur de la traduction : le cœur ne peut être bien orienté vers Dieu que s’il suit l’entendement, et donc il faut bien comprendre ce qu’on chante pour que ces chants aient l’effet désiré. De la même manière, les émotions doivent épouser la croyance : si on croit en la promesse de Dieu, on devrait chercher à vivre cette croyance dans sa vie affective.

L’espérance et la patience témoignent d’ une foi en Dieu qui demeure malgré les changements et les perturbations du monde. Si on croit que Dieu est présent, on perçoit sa propre situation dans le monde différemment, et on réagit dans la fidélité à cette foi. Une autre manière de dire cela est que pour Calvin, ainsi que pour Augustin, les émotions se rattachent à des jugements20. C’est-à-dire que les émotions reflètent notre perception du monde.

Dans le cas que décrit Calvin dans ce commentaire, le sentiment de privation face à la prospérité d’un autre reflète un jugement : on juge que l’autre ne mérite pas sa fortune et qu’on le mérite plus que lui ; on juge que Dieu devrait récompenser ses fidèles dans la vie sur terre ; on juge alors que si les méchants prospèrent, cela veut dire que Dieu s’absente du monde et abandonne ses fidèles ; on juge, finalement, qu’on ferait mieux de suivre l’exemple de l’avare au lieu de se fier à une promesse divine dont on ne voit pas la preuve.

Il est important de souligner le rapport que voit Calvin entre cette patience qu’il conseille et sa doctrine de la providence, car il serait facile de croire que Calvin nous exhorte dans ce commentaire à une indifférence envers l’injustice. Après tout, ne devrait-on pas ressentir de l’indignation si on voit les méchants accroître leur fortune de manière injuste ? Ne devrait-on pas ressentir de la colère contre ceux qui profiteraient (par exemple) de la souffrance des autres ? Calvin ne le nierait pas. Mais son propos ici est autre : il évoque non pas une indignation empathique, ce qui serait une indignation altruiste, mais une indignation égoïste. Il parle de l’indignation de celui qui voit la prospérité de l’autre et qui se dit, « mais moi je suis bon, pourquoi ne deviens-je pas riche comme ce malveillant ? Il ne le mérite pas ! » Une telle réaction dégénère facilement ou bien en désespoir ou bien en avidité. Mais cette dégénérescence vient du fait qu’on se sent dépourvu, abandonné, aliéné de la providence divine.

Comme on peut le voir dans cet exemple, la disposition affective est liée de manière centrale à la vie éthique. D’une part, cet aspect éthique se constate simplement en observant les émotions dont parle Calvin : l’égoïsme, l’envie, l’indignation, le désespoir. On voit bien les problèmes que peuvent poser ces émotions pour la vie éthique. D’autre part, on peut voir en quoi l’émotion est le reflet d’un jugement moral : dans ce cas, que Dieu est absent, que la méchanceté ou l’injustice est plus profitable que la fidélité.

Les émotions sont donc liées à toute une vision morale.

Ceci revient au fait que selon Calvin, les émotions et l’entendement s’impliquent mutuellement. La manière dont on voit le monde façonne les émotions. Mais encore, les émotions ne sont pas simplement des réactions passives. Si on se laisse enflammer par une colère égoïste, la force de l’émotion peut triompher de l’entendement. Je vous rappelle mon point de départ, qui est que selon Calvin, les émotions peuvent alimenter la vie spirituelle, en enflammant d’autant plus la dévotion et l’amour pour Dieu, mais elles peuvent également emporter le croyant vers le vice. En principe, selon Calvin, le cœur devrait suivre l’intelligence, mais c’est précisément parce que les émotions ont un pouvoir réciproque sur l’entendement que Calvin encourage le chant des psaumes à la place des chants profanes.

Je reviens à la manière dont les psaumes peuvent se graver sur le cœur, formant les dispositions du cœur. Rappelons que pour Calvin le croyant qui chante les psaumes emporte les psaumes partout avec lui. L’influence des psaumes façonne sa manière de vivre, de réagir aux circonstances dans lesquels il se trouve. Et je rappelle, même si l’exemple que je viens de discuter ne le démontre pas directement, que ses réactions peuvent comprendre des réactions de lamentation, de chagrin, de colère, pas simplement de patience.

Pourquoi est-ce important ?

Parce que cela établit un rapport fondamental entre le culte, les paroles saintes et ce qu’on fait, ce qu’on éprouve tous les jours.

Cela établit un rapport entre la vie de l’église et la vie quotidienne.

Cela établit un rapport entre la manière avec laquelle on s’oriente vers Dieu et la manière avec laquelle on s’oriente vers les autres de manière générale.

Une telle vision nous interdit de dresser une séparation entre le culte du dimanche et ce qu’on fait les autres jours de la semaine.

C’est selon cette perspective qu’on peut voir dans quelle mesure cette disposition affective est reliée au témoignage de foi. Pour Calvin, le roi David fournit un exemple, dans les psaumes, d’une disposition affective fidèle à Dieu. En se conformant à cette « anatomie de l’âme », le croyant tente aussi de rayonner d’une vie affective sainte. Le témoignage des affections est subtil mais profond.

Je veux terminer par une image, cette fois de louange, pour changer un peu d’accent, qui vient de saint Augustin. On a parlé jusque-là beaucoup du chant des Psaumes, le chant de ces paroles spécifiques et de l’effet que ces paroles saintes peuvent avoir sur le cœur. Mais selon Augustin, le chant de louange vers Dieu peut être un chant non-verbal (à la différence de Calvin). Augustin imagine ainsi un chant de louange sans paroles.

Dans un commentaire sur le Psaume 32 (notre 33), Augustin dit : pensez à ceux qui travaillent dans le champ pendant la moisson, ou pendant les vendanges. Ils commencent par 5 des chants particuliers, mais il se peut qu’à un moment ou un autre, ils deviennent si absorbés par l’élan du moment qu’ils abandonnent les paroles en poussant des cris de joie. Comment mieux louer Dieu qu’en abandonnant la parole dans sa jubilation ?

Cette pratique était, en effet, courante dans l’église africaine de l’époque, selon l’ historienne Carol Harrison21. Au moment de l’alleluia, il paraît que les fidèles s’abandonnaient tout comme les moissonneurs, à l’improvisation prolongée22. Ceci rejoint le fait qu’Augustin caractérise la louange des anges comme étant un alléluia éternel, auquel les croyants se joindront au paradis23. Il y a donc un rapport entre ces trois images : l’alleluia éternel, anticipé par ces alleluias prolongés et improvisés du culte, et les chants inarticulés des moissonneurs. La vie éternelle, la vie de l’église, et la vie quotidienne apparaissent en continuité, ici, justement en transcendant la parole.

Pourquoi évoquer cette image ? Quelle pertinence pour nous ? On voit là encore, et de manière plus libre que chez Calvin, l’influence réciproque de la vie quotidienne et la vie cultuelle : tout comme le chant des psaumes devrait s’emporter dans le monde à travers les cœurs des croyants, les chants profanes peuvent se transformer en louange. On voit la liberté de renouveler le culte – et ainsi, la foi et la vie éthique – en se libérant à l’éveil de l’émotion et de l’imagination.

Calvin n’admettait pas la possibilité d’un tel abandon de la parole dans le culte. Mais Calvin, tout comme Augustin, voyait l’importance d’intégrer la disposition née dans l’église à la vie quotidienne. Et on pourrait dire qu’en emportant les psaumes dans son cœur, le croyant témoigne, la plupart du temps sans paroles spécifiques, de l’effet de sa foi sur sa vie.

On ne peut pas s’orienter vers Dieu dans l’église et ne pas être transformé dans sa vie de tous les jours.

On ne peut pas isoler le culte de la vie éthique.

On en revient donc à l’affirmation peut-être la plus simple : la foi sculpte la vie.

Ce que j’ai tenté de souligner ici est que cette sculpture de la vie par la foi passe aussi bien par le cœur que par l’esprit ou l’entendement. Les dispositions affectives qui en découlent sont l’art parmi les plus précieux dont dispose le croyant pour témoigner auprès de ses proches.

C’est un art subtil, mais profond.


1 Christian Grosse, « L’esthétique du chant dans la piété calviniste aux premiers temps de la Réforme (1536-1545)», Revue de l’histoire des religions (1 mars 2010), pp. 13-31, p. 21.
2 Jean Calvin, LA PRÉFACE DE CALVIN: POUR LA PREMIÈRE ÉDITION DU PSAUTIER, Bulletin de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français (1852-1865), Vol. 1, No. 5/6 1852 OCTOBRE ET NOVEMBRE), pp. 143-147, p. 143.
3 Calvin, « Préface » (Psautier), pp. 143-4.
4 Grosse, « L’esthétique du chant », p. 14.
5 Calvin, « Préface » (Psautier), p. 145.
6 Grosse, « L’esthétique du chant ».
7 Erasme « adopte fréquemment les interprétations d’Augustin qui se trouvent dans les Enarrationes in Psalmos ; en effet, comme source d’inspiration, Augustin rivalise Jérome et Arnobe le Jeune pour la place d’honneur. » Robert D. Sider, « Erasmus », Augustine through the Ages, ed. Allan D. Fitzgerald (Grand Rapids, MI: Eerdmans, 1999), p. 314 (trad.). Quant à Luther, étant moine augustinien, ses commentaires sur les Psaumes de 1513-15 (et d’autres premières œuvres) « démontrent une lecture attentive d’Augustin. » Philip D. Krey, « Martin Luther », Augustine through the Ages, ed. Allan D. Fitzgerald (Grand Rapids, MI: Eerdmans, 1999), p. 516 (trad.).
8 Michael Fiedrowicz, « Introduction », Expositions on the Psalms, éd. John E. Rotelle, trad. Maria Boulding (New York: New City Press, 2000), p. 39.
9 Jean Calvin, Commentaires sur le livre des psaumes, Tome premier (Paris, Librairie de Ch. Meyrueis et Compagnie, 1859), préface, vj.
10 Calvin, « Préface » (Psautier), p. 145.
11 Calvin, « Préface » (Psautier), p. 147.
12 Calvin, comm. Ps. 37, p. 303.
13 Calvin, comm. Ps. 37, p. 303.
14 Calvin, comm. Ps. 37, p. 303.
15 Calvin, comm. Ps. 37, p. 303.
16 Calvin, comm. Ps. 37, p. 303.
17 Calvin, comm. Ps. 37, p. 304.
18 Calvin, comm. Ps. 37, p. 307.
19 Calvin, comm. Ps. 37, p. 306. Parfois, l’accent mis par Calvin sur la tranquillité peut nous rappeler les stoïciens, ces sages de l’antiquité qui cherchaient un dépouillement des émotions. Mais cette insistance sur la tranquillité vient justement de son appréciation de l’intensité de la vie affective. Sur Calvin et le stoïcisme, voir par exemple Barbara Pitkin, « Erasmus, Calvin, and the Faces of Stoicism in Renaissance and Reformation Thought », The Routledge Handbook of the Stoic Tradition, éd. John Sellars (London and New York: Routledge, 2016), pp. 145-159 ; Kyle Fedler, « Calvin’s Burning Heart: Calvin and the Stoics on the Emotions », Journal of the Society of Christian Ethics vol. 22 (2002), pp. 133-162.
20 Marcia L. Colish, The Stoic Tradition from Antiquity to the Early Middle Ages (Leiden, Brill, 1985) (vol. 2), p. 207 ; Fedler, « Calvin’s Burning Heart », pp. 136-7.
21 Carol Harrison, « Getting Carried Away : Why Did Augustine Sing ? », Augustinian Studies 46 : 1 (2015), pp. 1-22.
22 Harrison, « Getting Carried Away », p. 19.
23 Augustin, Enarrationes in Psalmos 83.8, Corpus Christianorum Series Latina vol. 39 (Brepols, 1990).