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Célébré le 12 décembre

Récit de la délivrance de Genève

En 1601, après de longues guerres entre le roi de France Henri IV,
Philippe III d’Espagne et le duc de Savoie Charles Emmanuel, la paix est signée à Lyon. Genève pense figurer implicitement dans ce traité.

Mais le Duc de Savoie ne renonce pas à l’espoir de prendre la ville. Jaloux de sa position parfaitement libre et indépendante, inquiet de la lumière que la Réforme apporta dans ses murs, il désire faire de notre cité une ville savoyarde.

Il forme alors, à l’insu de tout le monde, le projet de s’emparer de notre ville. Il concentre ses troupes à Bonne, à la Roche et à Bonneville; et choisissant la nuit la plus noire de décembre, il les fait marcher sur Genève, sous le commandement du Sieur d’Albigny. Le corps d’armée fait halte à quelque distance de la ville. Seules, des compagnies d’élite, conduites par Brunaulieu et Sonnaz, s’approchent des murailles, comblent un fossé, dressent des échelles, escaladent sans bruit des remparts .

Dans la cité, tout dort. Mais un invisible gardien veille sur Genève.

Avant que les assaillants soient en nombre suffisant pour envahir les rues et ouvrir les portes au gros de l’armée ennemie, Dieu permet qu’on les découvre…
Bientôt, le tocsin sonne; les dormeurs se réveillent; les citoyens, à peine vêtus, courent à leurs places d’armes. Les femmes – selon l’expression d’un récit de l’époque – « vaquent à prières et oraisons ». Leurs maris et leurs fils combattent avec l’énergie qu’engendrent l’amour de leur ville et la conviction de défendre une juste cause. Toutes et tous savent bien qu’ils luttent non seulement pour leurs familles et leurs foyers, mais aussi pour la liberté qu’ils ont d’entendre l’Evangile.

Bien avant le lever du soleil, ils ont la victoire. Sans doute, seize des leurs sont tombés et deux mourront des suites de leurs blessures, mais la ville est sauvée : Genève est libre.

Réalisant le merveilleux de cette délivrance, le secrétaire d’Etat ne peut s’empêcher d’écrire dans le Registre du Conseil : « Ils commencèrent à faire leur exécution, Dieu commença aussi à besogner pour nous, ses pauvres enfants… », et le secrétaire de la Compagnie des pasteurs termine son récit par ces mots : « Genève se souviendra à jamais de la suprême bonté de Dieu, qui l’a tirée d’un si grand danger et ruine totale, par sa seule main ».

(Maurice Gardiol, résumé d’après le récit historique traditionnel, Escalade 1999)

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