Où en est la création d’une Commission d’étude sur le financement de l’Eglise protestante de Genève ? Pour rappel, cette démarche avait été présentée lors du Consistoire de mars dernier et est liée à la diminution constante des dons et à la fragilité de la trésorerie de l’Eglise.

Joëlle Walther, présidente de l’Assemblée du Consistoire : Le Consistoire a accepté le mandat et la composition de la Commission d’étude sur le financement de l’Eglise. En plus d’évaluer le système de financement actuel et sa pérennité, cette Commission d’étude sera chargée de proposer des solutions originales, différentes et nouvelles permettant de diversifier les modes de financement de la Mission.

Elle devra également s’interroger sur la possibilité de responsabiliser davantage les lieux et les ministères dans le financement des postes alloués à la Mission. Son mandat comprend aussi le fait d’étudier dans quelle mesure les postes peuvent être liés à la capacité des lieux et des ministères de participer à leur financement.

Nous sommes particulièrement heureux que dix membres de l’Eglise aient accepté de se porter candidats pour composer cette Commission. L’Assemblée a élu Chris Cook pour le Conseil du Consistoire, deux jeunes pasteurs, Elda Jaroko Lengozara et Philippe Golaz, proposés par la Compagnie des pasteurs et des diacres, Valérie Chausse pour la Direction, Marc-Antoine Aubert, Pascal de Felice et Henri Gros comme membres du Consistoire, Marc Vuilleumier sur proposition du Conseil du Consistoire et de la Direction, Flore Deferne Kobel en tant que membre de la Commission financière, et Joël Rochat comme trésorier de paroisse. Une place est encore vacante. Par ailleurs, la Commission peut s’adjoindre, si elle le souhaite, un ou des experts.

Quelles sont les informations du Conseil du Consistoire sur la stratégie de direction de l’Eglise ? Rappelons que ce débat sur la pertinence de l’actuelle direction tricéphale a été ouvert à la suite de la démission de l’un de ses membres, Michel Chatelain, responsable des ressources humaines et de la chancellerie.

Joëlle Walther et Charles de Carlini, vice-président du Conseil du Consistoire : Les échanges ont été très dynamiques, riches et féconds, avec près d’une vingtaine de prises de parole, ce qui est inhabituel. Le fait qu’autant de consistoriaux aient souhaité s’exprimer sur ce sujet prouve vraiment que beaucoup se sentent concernés. Plusieurs thèmes sont revenus au cours des interventions : restaurer la confiance, l’équilibre entre les ministres et les laïques, besoin de clarification des structures, simplification de celles-ci pour une plus grande attention aux terrains où s’exerce la Mission.

Le Conseil du Consistoire a présenté deux variantes d’un possible nouveau modèle de gouvernance, établi sur la base des réponses au questionnaire transmis à différents organes (la Direction, la Compagnie des pasteurs et des diacres, la Commission d’examen de la gestion, la Commission des ministères, etc.) et d’entretiens multiples. Le modèle décliné tient compte de tous ces avis et détaille les deux variantes proposées. Ces dernières présentent comme points de convergence la création d’un collège de direction et la montée en puissance de la direction élargie (DIREL).

Ce modèle propose également d’intégrer un fonctionnement plus holacratique, qui permet aux organisations qui y ont recours de bénéficier du savoir ambiant dans leur entreprise, de fonctionner avec transparence et d’accroître la motivation des parties prenantes.

Pour donner suite aux échanges en Assemblée, un document sera transmis aux consistoriaux en début d’été, avec l’objectif d’un vote en septembre. D’ici là, le poste de responsable des ressources humaines ne sera pas repourvu.

Qu’en est-il du rapport du groupe de réflexion sur la « pastorale dite inclusive », mandaté par le Conseil du Consistoire sur demande du Consistoire ?

Charles de Carlini et Joëlle Walther : Le Consistoire a donné décharge au groupe de réflexion pour son rapport envoyé en mars dernier aux membres de l’Assemblée. Le groupe de travail a parfaitement rempli le mandat confié qui était de faire un état des lieux de la question et d’envisager des pistes pour y donner suite.

Le document, très complet, au fait des dernières réflexions bibliques et éthiques, et nanti d’une riche bibliographie, a été bien reçu dans son ouverture assumée et n’a pas donné lieu à la moindre expression de crispation, sur un sujet pourtant souvent clivant.

Il pourrait même faire l’objet d’une publication, à la demande des consistoriaux. Plusieurs d’entre eux ont, par ailleurs, vivement apprécié la journée de discussion et d’information organisée par le groupe de travail préalablement au Consistoire.

Le Consistoire va prendre en considération ce rapport sur les nouvelles formes de conjugalité et les nouvelles configurations familiales ainsi que leurs implications ecclésiales sur l’accueil, les gestes liturgiques et les sacrements. Les discussions et les débats vont continuer pour trouver comment introduire et appliquer une « pastorale dite inclusive » dans notre Eglise. 

Quel est le résultat du troisième débat sur la modification de la représentation au Consistoire, qui implique les modifications de la Constitution et des Règlements ?

Joëlle Walther : Les modifications de la représentation au Consistoire ont été acceptées à l’issue d’un troisième débat tout à fait serein. La nouvelle composition du Consistoire est porteuse d’un changement de sa dynamique.

Quatre points sont à relever :

  • La représentation sera régionale et non plus paroissiale.
  • Le personnel administratif et technique de l’Eglise protestante de Genève disposera désormais d’une délégation.
  • Le Consistoire pourra décider que des lieux d’Eglise et ministères soient représentés au Consistoire par une délégation individuelle.
  • Le Consistoire pourra décider d’accorder une voix consultative à des ministères, par exemple pionniers ou émergents.

Pouvez-vous nous présenter les comptes de l’exercice 2018-2019, adoptés sans opposition ?

Valérie Chausse, codirectrice, responsable des finances, de l’immobilier et de l’informatique : Au 31 mars 2019, l’Eglise protestante de Genève a clôturé positivement ses comptes pour la cinquième année consécutive. Le bénéfice se monte à CHF 4’818’000.-. Il est essentiellement dû au résultat « extraordinaire » de l’exercice, c’est-à-dire à une vente immobilière (CHF 6’620’000.-) et à une dissolution de provisions au bilan (CHF 5’082’000.-), effectuées dans le cadre de l’assainissement complet de la Caisse de Pension. Les coûts et la mise en place d’une garantie pour cette Caisse de Pension se montent à plus de CHF 10’000’000.-.

Par rapport à l’exercice précédent, le recul des dons de 4,2% participe au déficit des activités de « Mission », qui s’accentue de plus de CHF 100’000.-. Toutefois, il se trouve contrebalancé par le bénéfice « hors Mission » qui comprend l’immobilier de rendement et les titres (près de 100’000.- de progression). Ainsi, le résultat opérationnel, résultant de l’addition de ces deux variables, varie faiblement (-2,77%). Il s’établit à CHF 561’141.-

Le bénéfice final ne reflète donc pas un gain de trésorerie, car celle-ci diminue de CHF 2’500’000.- au cours de l’exercice, mais d’un solde de dissolution de provisions au passif du bilan.

A relever que le ratio de fonds propres est très faible et s’est encore détérioré (4,39% contre 4,63% un an plus tôt) avec l’augmentation de la somme du bilan. Dès lors, la comptabilisation du résultat de l’exercice 2018-19 aux fonds propres de l’Eglise protestante de Genève, pour le prochain exercice, permet d’améliorer ce ratio à hauteur de 13,09%, assainissant ainsi le bilan.

Si cet exercice s’inscrit dans le plan de redressement des finances initié en 2013, la vigilance se doit d’être maintenue quant à la diminution constante des dons et à la fragilité de la trésorerie. 

Comment a été reçu le projet de la paroisse de Saint-Pierre – Fusterie d’installer un nouveau mobilier liturgique à la Cathédrale Saint-Pierre ?

Charles de Carlini : Le Conseil de paroisse de Saint-Pierre pense judicieux de mettre une grande croix clairement identifiable et visible par tous dans le cœur de la Cathédrale. Le Conseil de paroisse souhaite ainsi rappeler qu’en plus d’être un lieu symbolique de l’Eglise protestante de Genève, la Cathédrale est un lieu de culte pour tous les chrétiens, toujours bien vivant aujourd’hui.

Le Consistoire soutient le projet d’installation d’un nouveau mobilier liturgique dans le chœur de la Cathédrale et au pied de la chaire. Il s’agit d’un ambon, d’un baptistère mobile et d’une grande croix latine sans crucifix.

Le Consistoire s’est également prononcé favorablement à l’organisation d’un concours d’architecture pour choisir ce nouveau mobilier. Tous les frais seront à la charge de la paroisse.

Seul le Mémorial adopté fait foi.