Fruits de la paix

Un certain nombre de mots s’apparentent à la paix. Un hymne à la paix s’installe en nous, tantôt comme murmure, tantôt comme symphonie plurielle, large, belle et lumineuse.
Laissons ces mots, satellites de la paix, jouer distinctement. Attendons qu’ils prennent vie en nous selon la loi de la germination, calme, cachée, silencieuse.

La paix enfante la douceur. Elle met en jeu les ressorts secrets de nos âmes, là où peuvent s’élever violence, tapages et mécontentements. Il se fait dans l’enfant de paix un retournement et rien ne semble plus désirable que d’atteindre à la douceur du Christ, au “désarmement” qui allège et purifie nos jours et nos relations.

Avec la douceur va l’humilité. L’humilité n’est pas écrasement ou dénigrement de nous-mêmes. Elle est une manière d’être, un rapport à soi et aux autres, bon et amical comme un sourire. « Les humbles hériteront la terre ». Il fait bon être auprès d’eux dans les heures d’orage ou de tempête. Ils regardent plus qu’ils ne parlent. Ils sont là, ouverts et font exister la paix qui réconcilie toutes choses.

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La paix marche-t-elle de pair avec le bonheur ? Il faudrait dire “avec un certain bonheur” : celui des Béatitudes. “Un certain bonheur”, une saveur, un souffle de bonheur. Il est des instants de pur bonheur où tout rayonne de grâce en nous. Peut-être ce rayonnement ne nous sera-t-il pas sensible mais d’autres le verront par transparence et viendront se réchauffer une heure à sa lumière

Sœur Myriam