Blaise Menu, pasteur et modérateur de la Cie, le 5 novembre 2017
Cérémonie devant le Monument international de la Réformation

Citation d’ouverture:

« …l’impulsion reçue jadis par notre cité est encore celle à laquelle nous devons obéir, et pour le faire nous ne nous restreindrons pas au cercle étroit de notre patrie, nous chercherons à rester en communion intime et en rapports fraternels avec tous ceux qui, dans l’un et l’autre hémisphère, se réclament de la même inspiration et professent les mêmes principes. Ainsi compris, le Monument international de la Réformation à Genève ne sera pas seulement un mémorial et un témoignage, il sera une promesse et un gage d’avenir. »

Lucien Gautier, in Monument, p 78.

 

Ces mots d’ouverture sont du pasteur Lucien Gautier, professeur et président de l’association du Monument. Ils sont prononcés en juillet 1909 au temple de Saint-Gervais, lors de la cérémonie solennelle accompagnant les festivités du jubilé calvinien et la concrétisation du projet devant lequel vous vous trouvez ce matin, fidèles que vous êtes à ce rendez-vous [malgré le temps]… ou curieux de passage.

Le Mur des Réformateurs, comme on l’appelle familièrement, a donc 100 ans. Achevé en 1917, son inauguration en plein conflit mondial fut à l’extrême inverse des manifestations festives et enthousiastes de 1909: il fut simplement remis en toute discrétion aux autorités de la Ville, à deux pas d’ici, sur votre droite, au palais Eynard, tant il semblait impossible d’organiser une cérémonie – même privée – qui pût réunir alors des acteurs pris, souvent malgré eux, en pleine guerre mondiale.

Et pourtant… « Ce Monument… sera une promesse et un gage d’avenir »: les mots de Gautier continuent de résonner aujourd’hui d’une manière singulière et forte, tandis que nous célébrons le jubilé de la Réforme… Ils ont besoin d’une voix pour être dits, mais cette voix, à l’image du temps passé, peut être absente… et néanmoins entendue.

 

Non, ne me cherchez pas: je ne suis pas encore des vôtres !

Je vous rejoins dès qu’on m’aura libéré de mes obligations précédentes, puisque nous venons de vivre à Saint-Pierre un culte qui évoquait la pluralité protestante et la marque de la Réforme jusqu’à aujourd’hui – exactement ce qu’évoque ce Mur depuis un siècle.

En attendant que j’arrive du haut de la colline, le temps vous est donné d’entendre un extrait du Psaume 36, un psaume de confiance…

 

Psaume 36, v.6-11

SEIGNEUR, ta loyauté est dans les cieux,
ta fidélité va jusqu’aux nues.

Ta justice est pareille aux montagnes divines,
et tes jugements au grand Abîme.

SEIGNEUR, tu sauves hommes et bêtes.

Dieu, qu’elle est précieuse, ta fidélité !
Les hommes se réfugient à l’ombre de tes ailes.

Ils se gavent des mets plantureux de ta maison
et tu les abreuves au fleuve de tes délices.

10 Car chez toi est la fontaine de la vie,
à ta lumière nous voyons la lumière.

11 Prolonge ta fidélité pour ceux qui te connaissent
et ta justice pour les cœurs droits.


Allocution

[situation: BM assis sur le monument Luther]

Ha ! J’entends déjà les commentaires: « Pour le Jubilé de la Réforme, le modérateur s’assied sur Luther ! » Ce serait un murmure, un de plus devant ce Mur qui en aura déjà entendus tellement, avant même d’exister ! Or il y a deux ans, rappelez-vous, mon prédécesseur avait pris soin de balayer la place, histoire qu’on se souvienne que l’Eglise ne veut pas laisser s’amonceler la lancinance des habitudes, mais qu’elle est en mouvement perpétuel, jamais satisfaite d’elle-même. Eh oui: on est semper reformanda ou on ne l’est pas…

On peut s’étonner du peu de place accordé à Martin Luther dans cet ensemble, et peut-être est-ce votre cas. Certains même s’en offusquent, et depuis longtemps: ça mur…mure contre les concepteurs, et cela depuis le début, jusqu’à l’orientation même d’un monument mémoriel de ce type.

Le 6 juillet 1909, lors de la pose de la première pierre, le président du Conseil administratif de la Ville de Genève, Edmond Imer-Schneider, rappelait ici même que, dans « un véritable tourbillon d’opinions diverses et contradictoires »,  le projet « n’a[vait] pas rencontré et ne rencontr[ait] toujours pas l’approbation de tous. Des critiques souvent peu judicieuses [avaient] été énoncées à son égard… » (Monument…, p. 82). On reconnaît bien là la marque de Genève: oui, ça murmure… ça proteste, quoi !

Mais devrait-on s’en étonner, tandis que la sobriété et, pour l’époque, le caractère avant-gardiste de ce projet semblaient trouver leur inspiration dans les monuments colossaux de l’Egypte ancienne ? Tels les Hébreux au désert à l’évocation des facilités perdues, les Genevois murmuraient donc: contre Calvin encore, qui continuait de hanter leur mémoire, et contre ce projet monumental. Il fallait bien que, comme aujourd’hui parfois, on ait la mémoire sélective du murmure et de la protestation…

Mais revenons à Luther et à cette place marginale: quel affront, tout de même ! [situation: BM descend et rejoint le podium]

Comment expliquer cette modestie de la référence ? Impossible de l’éviter cette année ! Pourtant, voilà Luther plus calviniste que Calvin, avec une discrétion qui aurait moins contrarié le réformateur que la statue de commandeur où on le voit depuis un siècle en grande compagnie !

Lucien Gautier défendait ainsi la perspective choisie:

« Les idées, même les plus justes et les plus hautes, perdent à demeurer à l’état d’abstractions. Les revêtir d’une forme symbolique, c’est les rendre plus accessibles, plus populaires. Le monument que nous avons entrepris d’ériger présente à coup sûr une idée, en même temps qu’il évoque le souvenir des faits et des hommes, qui ont fait de cette idée une réalité. Il n’est pas destiné à glorifier telles ou telles personnalités, il les montre au service de la cause pour laquelle elles ont lutté et dont elles ont contribué à assurer le triomphe. » (Monument, p. 53-54)

Il n’empêche, le monument en impose… Dans une note capitale de son ouvrage sur Roger Williams, ce précurseur puritain de la liberté de conscience et, d’une certaine manière, de la laïcité dont je vous ai entretenu l’an passé, l’historien Marc Boss nous offre une réponse convaincante mais audacieuse. Il commence par dire: même si l’on voulait marquer la reconnaissance à l’égard de Calvin et de son influence (et Dieu sait si, là, on l’a fait !), ce n’est pas un monument exagérément chauvin devant lequel nous nous trouvons, quoi qu’on puisse croire. Non: le professeur Charles Borgeaud, âme du projet, s’en défendait déjà en ces termes:

« Nous avons d’emblée et toujours envisagé le monument que nous voulions ériger au pied du vieux rempart de 1543 comme un hommage rendu non à un homme, non pas même, d’une façon générale, à des hommes, mais avant tout à une idée, à l’idée dont est sortie le Genève des temps modernes et qui a donné naissance à de grandes, à de nobles nations (…).

A ce titre, les Conseils de Genève – quelle que soit la politique d’un canton mixte, où toutes les opinions sont représentées et se donnent librement carrière – nous devaient leur bienveillance éclairée (…) [pour] faire comprendre, même à ceux des citoyens de Genève que ne peuvent s’associer à nous, que notre entreprise n’est pas dirigée contre aucun des siens. » (Les Jubilés de Genève, p. 191)

Ainsi le projet n’était pas une mesquinerie contre Luther, pas davantage contre les catholiques, les francs-maçons, les juifs ou les libre-penseurs. Du coup, lorsque nous sommes devant ce Mur, nous le sommes pour la plupart comme protestants, certes, mais certainement pas comme une faction identitaire, malgré notre attachement. Si nous voulons témoigner de nos crispations, nous nous trompons de lieu et de moment. Si nous voulons attester de notre foi, pourquoi pas, mais ce n’est peut-être pas la meilleure occasion… Si nous voulons marquer notre attachement indéfectible pour Genève, pour chacun de ses habitants et pour tout ce que Genève signifie dans la trace de la Réforme, oui, nous sommes au bon moment au bon endroit. Et dans la juste mémoire de la folle ambition de nos pères du siècle passé.

Luther continue de nous hanter: il nous revient, nous y revenons. Pourquoi, à l’instar de Zwingli, est-il marginalisé dans cet ensemble magistral ? Si je vous dis que la laïcité n’y est pas pour rien, vous allez dire que je radote. Et pourtant…

Genève vote la séparation effective de l’Eglise et de l’Etat en 1907. Dès lors, le canton s’engage sur une voie qui ne fut celle, ni de l’Allemagne, ni du reste de la Suisse, pour ainsi dire. C’est dans ce contexte particulier et inédit qu’on érige le monument et que Charles Borgeaud élabore sa conception. L’historien Marc Boss émet donc cette hypothèse:

« L’objectif du monument (…) n’est pas tant de commémorer la Réformation comme telle que de célébrer la Genève laïque du début du XXe siècle en rappelant la contribution à l’internationale calviniste des XVIe et XVIIe siècles du développement de l’Etat laïque à travers le monde. Or Wittenberg et Zürich n’ont pas de place dans ce récit. » (Roger Williams, p.15)

L’argument est un rien anachronique, mais il va chercher plus loin. Car l’historien poursuit et insiste, évoquant les similitudes gallicanes entre luthériens allemands et réformés zurichois, tandis que la juridiction ecclésiastique est placée directement et spécialement sous l’autorité du pouvoir civil – nous ne dirons pas que Genève ne l’a pas fait, mais c’est précisément au début du XXe siècle qu’elle renonce à ce dispositif politique, par un vote qui traumatisera nombre de protestant mais s’avèrera, malgré d’autres murmures, jusqu’à aujourd’hui, oh oui, qui s’avèrera salvateur.

Marc Boss écrit: « En refusant cette tutelle de l’Etat sur l’Eglise, les réformés genevois et les presbytériens écossais du XVIe siècle n’ont certes pas instauré un régime de stricte séparation des affaires religieuses et civiles, mais ils ont créé les conditions politiques indispensables aux développements ultérieurs du calvinisme congrégationaliste qui, dans le récit de [Charles] Borgeaud, trouvera son achèvement juridique dans les principes constitutionnels de la colonie de Rhodes Island [fondée par Roger Williams]. » (id.)

Que Luther soit ici et Zwingli là-bas, ce n’est pas un accident de la géographie ou le malheur des précurseurs: c’est apparemment un choix politique.

Je ne sais pas si Luc Weibel, fin connaisseur du Mur, acquiescera à l’argument. Je peux lui poser la question, s’il est présent… je crois bien l’avoir vu… Où est-il ? Je le rejoins !

 [situation: BM descend du podium et rejoint par surprise l’intéressé]

 

Je me souviens du professeur Francis Higman qui avait insisté en nous le présentant à la Faculté: nous sommes donc bien en face d’un monument politique, et certainement pas religieux, ou comme par accident, par l’inévitable de l’histoire. Aucun de ces messieurs statufiés, aussi imposants et impressionnants soient-ils dans leur sévérité, ne demandent notre louange ou notre prosternation. Aucun. Pourquoi pas notre reconnaissance, certainement pas notre adoration. A Dieu seul la gloire, chers amis, à Dieu seul.

 

« C’est à la liberté que nous sommes appelés, par le Christ, nous rappelle Paul: aussi nous ne nous laisserons asservir par rien. Par rien. »

Cette liberté devant Dieu fut la redécouverte capitale de Martin Luther dans un siècle tourmenté.

 

Et nous, en quoi sommes-nous redevables de la Réforme ? De quoi lui sommes-nous redevables ? J’ai envie de vous poser la question…

 

[situation: bref micro-trottoir, puis retour au podium].

 

Au risque de quelques anachronismes (si l’on se contente de se référer au XVIe siècle), la Réforme a je crois profondément marqué notre continent de son empreinte, et plus largement encore la modernité. Elle se trouve peut-être aujourd’hui… empruntée (!) par ce succès, au point d’avoir vu nombre de ses intuitions et institutions reprises, assimilées, sécularisées.

 

Par ailleurs, à chaque insistance protestante a fini par répondre un travers. Ainsi, par exemple

– à l’impératif biblique peut se substituer une lecture absolutisée des Ecritures (littéralisme biblique), et excluante dans sa prétendue fidélité;

– à l’insistance théologique s’est accoquinée une certaine intransigeance morale, voire un autoritarisme ecclésial (pas besoin de vous faire un dessin);

– au renvoi à la foi seule s’est substituée une solitude de la foi, qui a comme oublié la nécessaire présence de l’autre qui croit ou essaie de croire à côté de moi, et avec qui, bon gré ma gré, je chemine…

– la valorisation de la vocation commune et le partage des connaissances ont été souvent accompagnés par une prétention qui n’est pas toujours à la hauteur de l’ambition (on devient vite prophète, chez les protestants… et pas toujours à bon escient).

 

Ces travers ne sauraient être négligés tant ils sont inquiétants voire massifs dans leurs résurgences et leurs conséquences (par exemple dans le monde anglo-saxon), mais ils ne doivent pas masquer les intuitions fondamentales dont on doit garder une mémoire appropriée aujourd’hui:

– la reconnaissance de la dignité humaine (justification par la foi);

– la liberté de croyance, de conscience et la résistance à l’injustice et aux structures de contrainte abusives;

– l’invocation des mêmes droits pour toutes les personnes qui constituent le corps social, avec une attention aux minorités;

– l’accès le plus libre possible à la connaissance, et la formation;

– la citoyenneté informée;

– la prise en charge solidaire et la requalification des vulnérabilités sociales…

Nous n’avons pas toujours su être cohérents, mais nous ne pouvons plus être ignorants de ces limites du temps passé.

Voilà ce dont, au nom de notre foi et de ses principes fondateurs, nous pouvons attester encore aujourd’hui. Non pas seulement pour nous, pour des droits sélectifs, réservés ou inquiets, mais pour quiconque. La plus grande force de la Réforme n’est-elle pas d’avoir su libérer l’espace social des tutelles, et libérer l’être humain de tout système, même religieux, pour l’exposer à la liberté de la foi et à lui-même – et cela même au risque qu’il se perde à nouveau ? C’est l’écho vertigineux de la responsabilité, je le sais bien, mais c’est ainsi que j’espère l’humain devant Dieu.

Avec d’autres mots, Lucien Gautier (encore) le rappelait ici-même en 1909:
« …ce que nous nous proposons de mettre en lumière, c’est le principe intime et fécond que nous plaçons à la base de toute existence individuelle utile, à la base de tout groupement social et efficace, sur le terrain de la vérité, de la liberté, de la justice et de la fraternité. » (Monument…, p. 78)

Ainsi ce Mur parle finalement de nous, il est comme notre miroir: il nous renvoie à nous-mêmes le rapport à ces valeurs, certes religieuses mais également républicaines, sereinement sécularisées aujourd’hui, dont le cadre constitutionnel et laïc (à Genève) permet de garantir l’exercice libre et responsable pour chacune et chacun.

Et ici, malgré lui, Luther fait signe davantage que Calvin: alors que certains prédisent la fin du protestantisme, je suis serein, car malgré sa prétention, la Réforme vise en quelque sorte son propre retrait: elle n’est pas une fin en soi, mais elle continue de vouloir pointer sur l’essentiel. Dès lors, à la surprise peut-être de ses concepteurs, Luther, par la modestie de son évocation, est bien la clef de lecture esthétique et fondamentale du reste du monument.

Voilà pourquoi, murmures ou pas, ce Mur ne doit plus nous impressionner – sinon pour imprimer en nos consciences libres la trace de la reconnaissance à nos pères; voilà ce que 500 ans ont construit, dont il y a de quoi être fiers, et dont, malgré l’usure du temps, nous pourrons encore attester longtemps !

Oui, en cette année anniversaire, refaisons le mur et sachons regarder au-delà de ce qui, parfois, retient notre vue, notre ambition et notre espérance !

Je vous remercie.

BM


Références et lectures:

  • Marc Boss (éd), Roger Williams. Genèse religieuse de l’Etat laïque, Genève, Labor et Fides, 2013.
  • Alexandre Fiette, (dir.), Faire le Mur ? Le Monument international de la Réformation a 100 ans, Genève/Paris, Musées d’Art et d’Histoire / Mare & Martin, 2017, 187 pages.

Michel Grandjean, La Réforme. Matin du monde moderne, Bière, Cabédita, 2016, 91 pages.

  • Les Jubilés de Genève en 1909, Genève, Atar, 236 pages.
  • Monument international de la Réformation à Genève, Genève, Imprimerie Atar, s.d. [1909], 91 pages.
  • Luc Weibel, Le Monument, Genève, Editions Zoé, 1994.

Une double prière de Martin Luther

En cette année jubilaire, j’aimerais partager avec vous une double prière de Martin Luther; sur le domaine public, elle vaudra pour citation, mais elle fera son chemin dans nos coeurs…

« Dieu éternel et miséricordieux, Toi qui es un Dieu de paix, d’amour et d’unité, nous Te prions, Père, et nous Te supplions de rassembler par ton Esprit Saint tout ce qui s’est dispersé, de réunir et de reconstituer tout ce qui s’est divisé. Veuille aussi nous accorder de nous convertir à Ton unité, de rechercher Ton unique et éternelle Vérité, et de nous abstenir de toute dissension. Ainsi nous n’aurons plus qu’un seul cœur, une seule volonté, une seule science, un seul esprit, une seule raison, et tournés tout entiers vers Jésus-Christ notre Seigneur, nous pourrons, Père, Te louer d’une seule bouche et Te rendre grâces par notre Seigneur Jésus-Christ dans l’Esprit Saint.

 « Mon Dieu, je suis sûr que Tu es vrai et que Tu ne mens jamais. Permets que je demeure ferme dans la foi et que je ne cède pas au doute. Non parce que ma prière est bonne, mais parce que Toi, Tu es la vérité. Mon Père, encourage et fortifie par Ta sainte Parole, l’homme faible que je suis. J’ai souvent de la peine à accepter Ta volonté pour moi. Donne-moi la force d’être obéissant pour ne pas succomber à la tristesse. Enseigne-moi, ô Père, à ne pas me confiner en moi-même, ou en mes belles entreprises, mais à tout attendre de Ton infatigable Bonté. Que la tristesse de vivre souvent en désaccord avec Ta volonté, ne me submerge pas, mais plutôt que Ta miséricorde s’étende à toute ma vie et la fertilise. Amen. »

Citation de fin:

« Ce que le Monument de la Réformation dira à ceux qui le contemplent, ce n’est pas: «Glorifiez-vous de votre passé et demeurez inactifs.» Il leur dira au contraire: «Passé oblige ! Vous avez de grandes responsabilités, ne vous y dérobez point. Vous avez de grands devoirs, accomplissez-les fidèlement.» »

Lucien Gautier, discours prononcé lors de la pose de la première pierre du Monument le 6 juillet 1909, in Monument, p. 78.

A ces mots de Gautier, puisse cette année jubilaire, bientôt achevée, avoir été pour vous le ferment de cette fidélité, que ce soit en référence séculière ou au souffle de l’Esprit.

Et que, pour les temps qui s’ouvrent à vous, il en soit encore ainsi.

 

Blaise Menu
Pasteur, modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres