Communiqué de presse


Genève, le 16 octobre 2018 / L’information et la sensibilisation sont une des clés pour lutter  contre  la  traite  des  êtres  humains,  un  fléau  qui  vit  de  la  clandestinité  et  de l’ignorance. À  l’occasion de  la  Journée  européenne  de  lutte  contre  la  traite,  le  18 octobre, le Centre social protestant lance une campagne visant à faire la lumière sur ce phénomène et à faire connaître sa helpline gratuite et confidentielle (0800 20 80 20). En parallèle,  les  deux  juristes  du  Service d’assistance aux victimes  de traite  du  CSP participent à l’animation du bus d’information lancé sur les routes suisses il y a un an par la Confédération et dont le parcours s’achève à Genève le 18 octobre.

Comment assister les victimes de traite des êtres humains lorsque l’on sait que celles-ci sont cachées, séquestrées, qu’elles ne se reconnaissent pas toujours elles-mêmes  en  tant  que victimes et que, de surcroît, il leur incombe d’en produire la preuve ?

Une humiliation lente et quotidienne
« Les situations de traite reposent souvent sur une humiliation subtile, lente et quotidienne » , relève l’une des juristes du Service d’assistance aux victimes de traite des êtres humains du Centre  social  protestant.Spécialisées dans l’aide aux victimes, celles-ci connaissent  bien toute la complexité de ce phénomène. Non seulement parce que les personnes, saisies dans un contexte de vulnérabilité, attirées parfois par de fausses promesses et amoindries par des années d’érosion de leur dignité, ne sont pas toujours à même de mettre des mots sur ce qui leur arrive. Mais aussi parce que la traite recouvre une réalité plurielle, aux contours parfois flous.

« Notre action de sensibilisation et de formation de partenaires et de professionnels nous a montré que le phénomène de la traite est encore méconnu à Genève », explique notre juriste. « Par exemple, on sous-estime encore les cas de prostitution forcée et on pense moins aux situations d’exploitation de la force de travail.»

Principalement des femmes
Depuis la création en 2014 du service et de sa helpline gratuite et confidentielle (0800 20 80 20), le CSP a accompagné une centaine de victimes, principalement des femmes, à Genève. L’expérience a montré qu’un appel sur la helpline peut permettre de mettre fin en 24 heures à une situation d’exploitation. Ouverte  aux  victimes,  cette  ligne  téléphonique  s’adresse également aux  témoins et  aux  professionnels  qui  appellent  à  la  demande des  personnes concernées.

Une fois la victime identifiée et libérée, il est essentiel de l’aider à entamer un processus de résilience. Aussi, outre l’accompagnement nécessaire sur le plan juridique, les deux juristes du  CSP  assurent  à  la  victime  une  écoute  et  un suivi,  compte  tenu  de  ses  besoins  et  de sa fragilité, en  coordination  avec  le  réseau.  Car  tout  doit  être  mis  en  place,  souvent  dans l’urgence : soins, hébergement, aide financière, autorisation de séjour…   

Membre du mécanisme de coopération genevois, le Service d’assistance aux victimes de la traite des êtres humains du CSP est un acteur de premier plan national et cantonal dans la lutte contre la traite des êtres humains. Conjuguée à son expertise de terrain, son action au niveau collectif – contribution à la création d’une Plateforme nationale et participation à  un groupe de travail chapeauté par le Secrétariat d’État  aux  migrations  (SEM), lancé  par le Service de coordination contre la traite d’êtres humains et le trafic de migrants (SCOTT), entre autres – en fait un protagoniste essentiel pour la protection des victimes et l’application des traités internationaux en Suisse

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